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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 20:21

 

 

    

 

    Tous les ans depuis un siècle, la France commémore l’Armistice du 11 novembre 1918, et rend hommage à ses soldats "morts pour la France", suivant la formule consacrée…

   Cet armistice a mis fin à la 1ere Guerre mondiale, la Grande Guerre qui devait être la "Der des Der", tant ont été grandes l'horreur et les souffrances
endurées : hélas, cela a failli…

   Presque cent ans plus tard, on pourrait faire mémoire, non pas seulement des  "morts pour la France", mais de toutes les victimes de cette guerre atroce, sans discrimination aucune.
       Les guerres ne sont-elles pas toutes abominables et fratricides ?

 

Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes
La vraie gloire est de l'épargner
 Louis XV (1745)

 

   Tous pays confondus, cette guerre, qui a duré quatre interminables années, a fait près de 40 000 000 victimes(morts militaires et civils, militaires blessés)
Au moins 23 Etats Alliés (dont la France, la Belgique, le Royaume Uni, l’Empire russe, le Canada, puis les Etats-Unis…) se sont engagés dans cette folie
meurtrière contre les Empires Centraux (l’Empire Austro-hongrois, l’Allemagne, l’Empire Ottoman et le Royaume de Bulgarie) : Cf.   ICI>
 Folie meurtrière * , qui a laissé de terribles plaies et des cicatrices indélébiles dans le cœur des soldats rescapés et dans les familles, partout où la guerre a fait rage et au-delà... Des pays ravagés, des villes détruites, leurs habitants fuyant les combats...
 

Signet hr2-copie-1

* Cliquer sur les photos pour les agrandir et lire les légendes,
sur les liens en rouge pour plus d'informations.
 

 

 

Fortifications anglaises prises et complètement détruites par l’artillerie allemande sur la ligne de front d’Armentières à l’Automne 1914 – Image Wikipedia - Source Archives fédérales allemandes Bild 146-1976-076-20A Mars 1918 Bataille de la Somme Caron 13 - Moreuil - Vue gé

Le Front d'Armentières à l'automne 1914 et Moreuil rasé en mars et août 1918

 

 

 

Dans-la-tranchée - Site premiereguerremondiale.tableau-noir.net Les-tranchées - premiereguerremondiale.tableau-noir.net

 

 

Vie et Mort dans les tranchées

 

 

 

La-tranchee01 - Site tnhistoirexx.tableau-noir.net


 

 

 




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    Ci-dessus quelques images, aperçu infime  de ce qu'ont dû endurer les
populations à l'arrière et les combattants sur les Fronts  durant cette guerre…
Les combats au corps à corps, les tirs d'artillerie, la vie, les blessures et la mort dans les tranchées, "le nettoyage des tranchées" de sinistre mémoire, les gaz asphyxiants, l'effroyable gaz moutarde (ypérite)... le stress, la faim et la soif... parfois l’absence de nouvelles de la famille, l'angoisse de ne plus revoir les siens…

 La terreur de «craquer», de refuser cette boucherie, de déserter…

    Certains n’ont pu résister. Ils se sont enfuis : repris, ils ont été fusillés,
parfois sans jugement, ou après comparution immédiate devant un Conseil de guerre; sur le Front, les officiers avaient toute autorité et latitude pour
juger et punir. Les hommes étant ce qu'ils sont, il y a eu des abus de pouvoir, mais aussi des réhabilitations sur le moment. Les camarades des condamnés
devaient procéder à leur exécution devant tous les autres soldats rassemblés...

     De tous temps, ces pratiques injustes, cruelles et barbares ont été utilisées dans toutes les armées du monde pour servir d'exemple et dissuader les soldats de la moindre velléité de négligence ou de désobéissance.
     Les précédents ne manquent pas : ainsi le recours à la décimation dans
les légions romaines
...
Au sein de l'armée de Washington lors de la Guerre d'Indépendance, pour
pallier au 'manque d'enthousiasme', défections des jeunes fermiers recrutés,
le chef d'état-major :
«... après un certain temps, il a décidé d'en faire exécuter quelques-uns pour donner l'exemple aux autres.Dans nombres de cas, il a confié cette tâche à leur propres camarades.» (Cf.Howard Zinn : Beyond Obama p.17)

    De 1914 à 1918, ces exécutions pour l'exemple n'ont pas été le triste apanage des Armées françaises, les états-majors des autres pays engagés dans cette guerre ont employé les mêmes méthodes radicales pour motiver leurs soldats.

     Après la guerre, les dossiers de ces malheureux fusillés pour l'exemple ont dormi dans les Archives. Malgré les demandes des parents des victimes fusillées hors combat, le sujet était plus ou moins tabou.

Δ  Depuis quelques années seulement, avec la perspective du Centenaire en 2014, des livres, des documents historiques ont fait jour,
... des témoignages,... des lettres retrouvées dans les familles, comme la lettre publiée dans cet article ; ce message d'adieu figure sur plusieurs sites, dont celui représenté par son logo à droite.
Ce site propose d'autres lettres bouleversantes de ces soldats emportés dans la tourmente de la guerre.
Des milliers sont morts dans les tranchées, bombardés, gazés, en se battant...

 

D’autres ont été " fusillés pour l’exemple "

Exécutions ordinaires de soldats fusillés pour l'exemple
Photos d'archives







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     Des études historiques fondées sur l'analyse des Archives Nationales, des témoignages recueillis ont été entrprises en vue d'établir la vérité sur ces exécutions et de réhabiliter la mémoire de ces victimes oubliées ou trop longtemps sciemment ignorées des États-majors militaires.

<>  Le Rapport présenté, le 1er octobre 2013, au Ministre délégué aux Anciens Combattants par un groupe de travail animé par M. Antoine Prost, président du Conseil scientifique de la Mission du Centenaire fait officiellement le point sur ce délicat et douloureux dossier. Selon ce ccompte-rendu, il y aurait 600 à 650 soldats fusillés pour 'crimes militaires'de 1914 à 1918.
On peut trouver ce document 'Rapport A Prost 01 10 13.pdf' à télécharger sur le Site de la Défense dans la rubrique « A lire aussi »

<>  Le Général André Bach, chef du Service historique de
l’armée de terre, à Vincennes (Val-de-Marne) de 1997 à 2000,
a publié en 2003 un ouvrage remarquable, véritable document historique qui fait autorité : Fusillés pour l’exemple 1914-1915.
Ce militaire, passionné d'Histoire, retrace ses motivations, sa démarche dans une introduction aussi captivante que son livre ;
il écrit ceci page 21 :
« Au delà de ma quête personnelle, mon désir de faire partager le résultat de mes recherches tient à mes facettes de citoyen et d'historien...
...   Dans une Europe frileuse qui chipote sur les avantages des uns et des autres, il est bon d'aller revisiter un des plus grands scandale mondiaux : la première grande guerre civile entre Européens en 1914-1918. »


    Cette invitation semble être d'une actualité plus brûlante aujourd'hui qu'en 2003... Aujourd'hui, alors que la guerre sévit dans de nombreux pays du SUD et d'Orient et que l'OTAN fait retentir de sinistres 'bruits de bottes' en Europe.

<>  Voici deux livres, parmi d'autres, qui décrivent ce qu'ont vécu les poilus de la Guerre 14-18 :
Paroles de poilus - Lettres et carnets du front 1914-1918,
  de Jean-Pierre Guéno

Fusillé vivant,
  de Odette Hardy-Hémery
... Raconte la singulière et tragique histoire de sept réservistes, appartenant au 327e régiment d'infanterie, ''fusillés pour l'exemple'' le 7 septembre 1914, sur ordre du général Boutegourd.
  L'un deux, François Waterlot 27 ans, laissé pour mort... en réchappera...

<>    Depuis quelques années, à l'initiative d'associations avec l'aval du Premier ministre Lionel Jospin (Craonne 1998), des réhabilitations ont été prononcées ; des monuments ont été érigés à la mémoire de ces malheureux soldats fusillés injustement.

Le Mémorial de Suippes

Pour l'honneur des caporaux de Souain    Théophile MAUPAS, Louis GIRARD,
Lucien LECHAT et Louis LEFOULON    Fusillés pour l'exemple,   à SUIPPES,  
le 17 mars 1915.


Fusillés pour l exemple Guerre 14-18 6a00d8341ed59c53ef00e


 

 

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  Lettre d'adieu d’Eugène X
                   fusillé pour l'exemple
                          à son épouse et à sa fille Jeanne

 

 

 

Le 30 mai 1917 


Léonie chérie
J’ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd’hui témoigner de l’horreur de cette guerre.


Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd’hui, les rives de l’Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s’écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l’odeur est pestilentielle.
Tout manque : l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n’avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.
Nous partons au combat l’épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d’un casque en tôle d’acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l’attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d’un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.
Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j’avançais les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d’accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l’épaule j’errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s’étendait à mes pieds. J’ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s’emparant de moi.
Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l’état major. Tous les combattants désespèrent de l’existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n’a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre.
Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J’ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d’aider les combattants à retrouver le goût de l’obéissance, je ne crois pas qu’ils y parviendront.
Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d’une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l’aube, agenouillé devant le peloton d’exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t’infliger.
C’est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd’hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.
Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l’exemple est réhabilitée, mais je n’y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre.
Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.
Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.

Eugène ton mari qui t’aime tant

 

 

 

 

Δ RETOUR au texte principal - plus haut


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   Pétition France Palestine AFPS

 

* Non à la criminalisation du boycott d'Israël !

 

    Pour la défense des Palestiniens,

l'AFPS Association

France Palestine Solidarité

a mis en ligne

mardi 18 septembre 2012


Une pétition réclamant l’abrogation

de la circulaire de février 2010

(signée Mme Alliot-Marie)

qui assimile les actions de boycott

des produits israéliens


 « à de la provocation,

 

à la discrimination

 

ou à la haine raciale. »


En application de cette circulaire,

les contrevenants encourent.

  des poursuites judiciaires.

 

 

 

  Pour plus d’informations et pour Signer :

Un Clic sur la vignette AFPS

 

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