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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 17:59

 

 

Année 2016

 


Josephine Wall - Joie de vivre

 

 



En ces premiers jours de l'An de grâce 2016
Salam-Akwaba
Présente ses meilleurs vœux
À toute l'Équipe d'Overblog,
À tous ses fidèles abonnés et visiteurs.

Qu'au fil des jours, la Joie de vivre demeure en vous
malgré les aléas de la vie.

Que cette Nouvelle Année apporte à notre Monde
Et à chacun mille grâces
Sagesse, Paix, Bonheur,
Espérance...
Afin que plus de fraternité et de paix
Règnent sur notre Terre.

Deu vos Guard !



La belle prière toute simple de Sœur Odette Prévost (1932-1995)
Viatique pour ne pas perdre cœur tout au long de jours…

 

Vis le jour d’aujourd’hui
Dieu te le donne, il est à toi
Vis-le en lui.
Le jour de demain est à Dieu,
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu : remets-le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle :
Si tu le charges de regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède et tu perds pied.
Le passé, Dieu le pardonne.
L’avenir, Dieu le donne.

 

  Quelques notes

*   Josephine Wall est née en 1947 à Farham dans le Surrey. C’est une artiste anglaise populaire, peintre et sculpteur.
On peut découvrir ses œuvres sur son   Site
Salam Akwaba a publié trois de ses tableaux ;   Sadness of Gaïa   La danse des saisons   Catching Wishes

* Sœur Odette Prévost (1932-1995) était institutrice : à 21 ans elle entre chez les Petites Sœurs
du Sacré-Cœur du Père de Foucauld en Algérie et au Maroc. Elle a rencontré les moines de Tibhirine.
Elle a été victime, comme les moines, des terroristes qui sévissaient en Algérie dans les années 90.
Elle a été assassinée en se rendant à la Messe le 10 novembre 1995.
   D'autres prières à découvrir sur   Site-Catholique.fr

 

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 17:30

 

NOVOROSSIA TODAY
http://novorossia.today/fr/
LILIA SABIROVA, SIMPLE CITOYENNE DE RUSSIE S’ADRESSE À L’OCCIDENT : LA LETTRE POUR LA PAIX !



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Situation en Ukraine : Kiev vs Novorossia
mercredi 2 septembre 2015

* Bref rappel et quelques liens (Salam-Akwaba/L17)

   Depuis dix-sept longs mois, la junte de Kiev mène la guerre contre le peuple russophone du Donbass en dévastant tout, sans entamer la détermination des habitants à l’indépendance.
   Les accords de Minsk ne sont pas respectés, et tous les jours violés par les milices néo-nazies de Kiev et l’armée ukrainienne.
   Une grande offensive militaire est en préparation contre le Donbass d’ici à
octobre : l’aide de l’Otan lui est acquise (armes, encadrement, etc..).
«L'Otan montre ses muscles en Europe »
et «s’implante un peu plus en Europe de l’est »

Les Etats-Unis multiplient leurs manœuvres militaires en Méditerranée et en Mer Noire, la Russie et la Chine font de même…

Pendant ce temps, dans cette ambiance internationale belliqueuse menaçante, la guerre continue de sévir : les bombardements des villes, des villages, des usines du Donbass n’ont pas cessé au mois d’août.
Chaque jour des gens souffrent et meurent au Donbass et les médias en France obéissant à la « voix de son maître » n’évoquent cette guerre que de façon malhonnête par une propagande mensongère et criminelle.

Lorsqu’une voix s’élève pour dire la vérité, surtout donnons-lui le plus large écho possible :
Novorossia Today a publié le 24 août 2015 la lettre d’une jeune citoyenne de Russie à l’Occident que l’on peut lire ci-dessous.
Source : http://novorossia.today/lilia-sabirova-simple-citoyenne-de-russie-s-adresse-a-l-occident-la-lettre-pour-la-paix/

 

 

Lilia Sabirova, simple citoyenne de Russie s’adresse à l’Occident : La lettre pour la paix !
on: août 24, 2015

Il est des jours où en tant que journaliste je suis touché par les lettres que je reçois, ce fut le cas de celle-ci, de Lilia Sabirova, citoyenne russe née en 1985 à Yelabuga dans la République du Tatarstan à l’Est de la grande ville de Kazan en Russie. Alors place à son message et souhaitons qu’en Europe, qu’en Amérique des gens, un maximum de gens tendent l’oreille. Voici donc cette lettre d’une citoyenne russe de 30 ans à ses semblables terriens :

Cette lettre s’adresse à chaque cœur dans le monde ! Pour chaque personne de notre planète qui a un esprit élevé. Nous les simples personnes, nous ne pouvons pas garder notre calme à la mort des bébés, des enfants, des vieillards et des femmes. Si quelque chose de similaire se passe dans le monde nous avons le devoir d’arrêter cela aussi loin que cela puisse être. Qui ne peut pas ressentir de compassion pour un enfant qui pleure ayant perdu ses parents ? Aujourd’hui dans le Donbass, beaucoup d’enfants ont déjà perdu ou perdent chaque jour leurs parents. Des gens meurent chaque jour des bombardements de l’Armée ukrainienne.

Les Etats-Unis envoient des armes en Ukraine, les armes coûtent de l’argent, beaucoup d’argent. C’est une immense dépense, un gaspillage stupide et cet
argent pourrait être dépensé pour les besoins des pauvres gens qui vivent aux Etats-Unis. Il pourrait être dépensé dans l’Education, les retraites, les salaires, la sécurité sociale, des biens de consommation. Cependant les pays occidentaux ont frappé la Russie avec des sanctions économiques. Il est évident que ces sanctions ne servent à rien, jouent contre les citoyens européens et russes, frappent les économies d’Europe et de Russie. Ce sont les simples citoyens qui en sont les victimes.

Le gouvernement américain impatient de sauver son hégémonie dans le Monde voudrait provoquer un conflit entre la Russie et l’Europe. Les Etats-Unis sont une puissance politique très habile qui aime à résoudre ses problèmes au détriment d’autres pays. Selon Forbes, les trois armées les plus puissantes dans le monde sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Si un jour une telle guerre éclatait entre l’OTAN et la Russie cela serait la Troisième Guerre mondiale. Aujourd’hui en
Europe la guerre dans le Donbass est un conflit complexe. L’Ukraine ne respecte pas les accords de Minsk II. L’Armée ukrainienne tue tous les jours des civils. Il y a beaucoup de vidéos pour le prouver. Il est facile de comprendre, d’observer que les obus ukrainiens ravagent les villages et les villes du Donbass. Donetsk est partiellement détruit, 70 % de la ville de Gorlovka est en ruine, beaucoup d’autres localités ont été détruites par l’Armée ukrainienne.

Nous les gens simples, nous pouvons faire beaucoup pour arrêter la guerre dans le Donbass et empêcher qu’un nouveau grand conflit éclate et ceci est très important pour tous. Alors brisons cette machine responsable d’une fausse propagande politicienne. S’il vous plaît, aidez les gens du Donbass, dans leur lutte pour l’amour, la paix et la liberté. S’il vous plaît, publiez partout cette lettre, que chaque personne soit au courant, que chaque personne apporte son aide au Donbass ! Aujourd’hui le fascisme relève la tête avec la bénédiction du gouvernement ukrainien. Alors si nous les humbles nous préférons nous taire, le fascisme va croître partout en Europe et dans le Monde. S’il se relève, soyez sûr qu’il y
aura une guerre mondiale. Voulez-vous que vos enfants, vos parents se terrent dans des caves ou finissent déchiquetés ? Voulez-vous que votre famille
succombe dans d’atroces souffrances ? Alors disons non au fascisme dès maintenant, car il se pourrait qu’ensuite cela soit trop tard….


Recueilli par Laurent Brayard

Tags:

 

Merci à Lilia Sabirova. Puisse sa lettre faire le tour du monde et
toucher les coeurs !
Merci à Laurent Brayard et à Novorossia Today.
Que la vérité de la guerre du Donbass soit reconnue et publiée.
Que celles et ceux qui liront cette lettre n'hésitent pas à la diffuser comme nous en prie son auteur Lilia Sabirova ni à s'informer davantage.


* Cliquer sur les tags de la lettre

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 20:21

 

 

    

 

    Tous les ans depuis un siècle, la France commémore l’Armistice du 11 novembre 1918, et rend hommage à ses soldats "morts pour la France", suivant la formule consacrée…

   Cet armistice a mis fin à la 1ere Guerre mondiale, la Grande Guerre qui devait être la "Der des Der", tant ont été grandes l'horreur et les souffrances
endurées : hélas, cela a failli…

   Presque cent ans plus tard, on pourrait faire mémoire, non pas seulement des  "morts pour la France", mais de toutes les victimes de cette guerre atroce, sans discrimination aucune.
       Les guerres ne sont-elles pas toutes abominables et fratricides ?

 

Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes
La vraie gloire est de l'épargner
 Louis XV (1745)

 

   Tous pays confondus, cette guerre, qui a duré quatre interminables années, a fait près de 40 000 000 victimes(morts militaires et civils, militaires blessés)
Au moins 23 Etats Alliés (dont la France, la Belgique, le Royaume Uni, l’Empire russe, le Canada, puis les Etats-Unis…) se sont engagés dans cette folie
meurtrière contre les Empires Centraux (l’Empire Austro-hongrois, l’Allemagne, l’Empire Ottoman et le Royaume de Bulgarie) : Cf.   ICI>
 Folie meurtrière * , qui a laissé de terribles plaies et des cicatrices indélébiles dans le cœur des soldats rescapés et dans les familles, partout où la guerre a fait rage et au-delà... Des pays ravagés, des villes détruites, leurs habitants fuyant les combats...
 

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* Cliquer sur les photos pour les agrandir et lire les légendes,
sur les liens en rouge pour plus d'informations.
 

 

 

Fortifications anglaises prises et complètement détruites par l’artillerie allemande sur la ligne de front d’Armentières à l’Automne 1914 – Image Wikipedia - Source Archives fédérales allemandes Bild 146-1976-076-20A Mars 1918 Bataille de la Somme Caron 13 - Moreuil - Vue gé

Le Front d'Armentières à l'automne 1914 et Moreuil rasé en mars et août 1918

 

 

 

Dans-la-tranchée - Site premiereguerremondiale.tableau-noir.net Les-tranchées - premiereguerremondiale.tableau-noir.net

 

 

Vie et Mort dans les tranchées

 

 

 

La-tranchee01 - Site tnhistoirexx.tableau-noir.net


 

 

 




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    Ci-dessus quelques images, aperçu infime  de ce qu'ont dû endurer les
populations à l'arrière et les combattants sur les Fronts  durant cette guerre…
Les combats au corps à corps, les tirs d'artillerie, la vie, les blessures et la mort dans les tranchées, "le nettoyage des tranchées" de sinistre mémoire, les gaz asphyxiants, l'effroyable gaz moutarde (ypérite)... le stress, la faim et la soif... parfois l’absence de nouvelles de la famille, l'angoisse de ne plus revoir les siens…

 La terreur de «craquer», de refuser cette boucherie, de déserter…

    Certains n’ont pu résister. Ils se sont enfuis : repris, ils ont été fusillés,
parfois sans jugement, ou après comparution immédiate devant un Conseil de guerre; sur le Front, les officiers avaient toute autorité et latitude pour
juger et punir. Les hommes étant ce qu'ils sont, il y a eu des abus de pouvoir, mais aussi des réhabilitations sur le moment. Les camarades des condamnés
devaient procéder à leur exécution devant tous les autres soldats rassemblés...

     De tous temps, ces pratiques injustes, cruelles et barbares ont été utilisées dans toutes les armées du monde pour servir d'exemple et dissuader les soldats de la moindre velléité de négligence ou de désobéissance.
     Les précédents ne manquent pas : ainsi le recours à la décimation dans
les légions romaines
...
Au sein de l'armée de Washington lors de la Guerre d'Indépendance, pour
pallier au 'manque d'enthousiasme', défections des jeunes fermiers recrutés,
le chef d'état-major :
«... après un certain temps, il a décidé d'en faire exécuter quelques-uns pour donner l'exemple aux autres.Dans nombres de cas, il a confié cette tâche à leur propres camarades.» (Cf.Howard Zinn : Beyond Obama p.17)

    De 1914 à 1918, ces exécutions pour l'exemple n'ont pas été le triste apanage des Armées françaises, les états-majors des autres pays engagés dans cette guerre ont employé les mêmes méthodes radicales pour motiver leurs soldats.

     Après la guerre, les dossiers de ces malheureux fusillés pour l'exemple ont dormi dans les Archives. Malgré les demandes des parents des victimes fusillées hors combat, le sujet était plus ou moins tabou.

Δ  Depuis quelques années seulement, avec la perspective du Centenaire en 2014, des livres, des documents historiques ont fait jour,
... des témoignages,... des lettres retrouvées dans les familles, comme la lettre publiée dans cet article ; ce message d'adieu figure sur plusieurs sites, dont celui représenté par son logo à droite.
Ce site propose d'autres lettres bouleversantes de ces soldats emportés dans la tourmente de la guerre.
Des milliers sont morts dans les tranchées, bombardés, gazés, en se battant...

 

D’autres ont été " fusillés pour l’exemple "

Exécutions ordinaires de soldats fusillés pour l'exemple
Photos d'archives







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     Des études historiques fondées sur l'analyse des Archives Nationales, des témoignages recueillis ont été entrprises en vue d'établir la vérité sur ces exécutions et de réhabiliter la mémoire de ces victimes oubliées ou trop longtemps sciemment ignorées des États-majors militaires.

<>  Le Rapport présenté, le 1er octobre 2013, au Ministre délégué aux Anciens Combattants par un groupe de travail animé par M. Antoine Prost, président du Conseil scientifique de la Mission du Centenaire fait officiellement le point sur ce délicat et douloureux dossier. Selon ce ccompte-rendu, il y aurait 600 à 650 soldats fusillés pour 'crimes militaires'de 1914 à 1918.
On peut trouver ce document 'Rapport A Prost 01 10 13.pdf' à télécharger sur le Site de la Défense dans la rubrique « A lire aussi »

<>  Le Général André Bach, chef du Service historique de
l’armée de terre, à Vincennes (Val-de-Marne) de 1997 à 2000,
a publié en 2003 un ouvrage remarquable, véritable document historique qui fait autorité : Fusillés pour l’exemple 1914-1915.
Ce militaire, passionné d'Histoire, retrace ses motivations, sa démarche dans une introduction aussi captivante que son livre ;
il écrit ceci page 21 :
« Au delà de ma quête personnelle, mon désir de faire partager le résultat de mes recherches tient à mes facettes de citoyen et d'historien...
...   Dans une Europe frileuse qui chipote sur les avantages des uns et des autres, il est bon d'aller revisiter un des plus grands scandale mondiaux : la première grande guerre civile entre Européens en 1914-1918. »


    Cette invitation semble être d'une actualité plus brûlante aujourd'hui qu'en 2003... Aujourd'hui, alors que la guerre sévit dans de nombreux pays du SUD et d'Orient et que l'OTAN fait retentir de sinistres 'bruits de bottes' en Europe.

<>  Voici deux livres, parmi d'autres, qui décrivent ce qu'ont vécu les poilus de la Guerre 14-18 :
Paroles de poilus - Lettres et carnets du front 1914-1918,
  de Jean-Pierre Guéno

Fusillé vivant,
  de Odette Hardy-Hémery
... Raconte la singulière et tragique histoire de sept réservistes, appartenant au 327e régiment d'infanterie, ''fusillés pour l'exemple'' le 7 septembre 1914, sur ordre du général Boutegourd.
  L'un deux, François Waterlot 27 ans, laissé pour mort... en réchappera...

<>    Depuis quelques années, à l'initiative d'associations avec l'aval du Premier ministre Lionel Jospin (Craonne 1998), des réhabilitations ont été prononcées ; des monuments ont été érigés à la mémoire de ces malheureux soldats fusillés injustement.

Le Mémorial de Suippes

Pour l'honneur des caporaux de Souain    Théophile MAUPAS, Louis GIRARD,
Lucien LECHAT et Louis LEFOULON    Fusillés pour l'exemple,   à SUIPPES,  
le 17 mars 1915.


Fusillés pour l exemple Guerre 14-18 6a00d8341ed59c53ef00e


 

 

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  Lettre d'adieu d’Eugène X
                   fusillé pour l'exemple
                          à son épouse et à sa fille Jeanne

 

 

 

Le 30 mai 1917 


Léonie chérie
J’ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd’hui témoigner de l’horreur de cette guerre.


Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd’hui, les rives de l’Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s’écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l’odeur est pestilentielle.
Tout manque : l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n’avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.
Nous partons au combat l’épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d’un casque en tôle d’acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l’attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d’un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.
Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j’avançais les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d’accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l’épaule j’errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s’étendait à mes pieds. J’ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s’emparant de moi.
Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l’état major. Tous les combattants désespèrent de l’existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n’a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre.
Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J’ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d’aider les combattants à retrouver le goût de l’obéissance, je ne crois pas qu’ils y parviendront.
Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d’une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l’aube, agenouillé devant le peloton d’exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t’infliger.
C’est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd’hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.
Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l’exemple est réhabilitée, mais je n’y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre.
Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.
Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.

Eugène ton mari qui t’aime tant

 

 

 

 

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 19:56

 

Mosquée Al-Aqsa : le Dôme du Rocher à Jérusalem ( Al-Quds )




 

 

 

Bon Ramadan à tous les Musulmans du monde !
Et à nos amis Brahim, Badia et Jean-Louis,
Claire et Toufik, la famille d’Yvonne…

En ce mois sacré de l'Islam,
Mes pensées vont aux Musulmans qui souffrent sur notre Terre :
Ceux qui sont méprisés et rejetés en Occident
Ceux qui sont persécutés pour leur foi ou
sont la proie des terroristes en Palestine, Syrie,
Irak, Liban, Libye, Algérie, Tunisie, Cameroun et Nigéria…
Qu’Allah, Le Miséricordieux les bénisse et les protège !
Qu'Il leur donne force, espoir, courage.

Qu’Il ouvre les yeux et le cœur des Endurcis :
Alors la Paix pourra s'établir partout
Où règnent la guerre, le chaos, la misère !
Inch‘Allah !


 

 

        Observer le Ramadan ne consiste pas seulement dans le jeûne diurne.
Voici ce que rappelle Djilali Benmouffok
le 18-06-2015 à 18:32 sur
IRIB - Radio francophone:
     « Le mois de Ramadan n'est pas seulement le mois du jeûne. Il nous rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette terre que d'autres hommes femmes et enfants vivent comme nous et que trop souvent ils endurent la souffrance d'être simplement musulman.
Le mois de Ramadan nous rappelle que l'union musulmane nous fera vivre en paix et que le partage du repas est aussi un partage sans frontière d'où l'importance aujourd'hui de rappeler à ces musulmans faits d'armes et de bombes que leur force sera demain leur honte.»

 

 

 

 

Quelques notes sur le Ramadan
 

 

Θ   Le mois de Ramadan est sacré, et béni, chez les Musulmans parce que le
Coran a été révélé au Prophète Muhammad durant Chaabane, le neuvième mois lunaire, il y a maintenant 1436 ans.
Suivant la Sourate 2, Verset 185-1 du Coran :

«Le mois de Ramadân, c'est un moment historique. En effet, c'est pendant
ce mois que le Coran a été révélé au cours d'une nuit, appelée Nuit du Destin
(Laylat-ul Qadr), au prophète Mouhammad.»

    θ  Lire la suite en cliquant sur la vignette --->

Θ  Le jeûne du mois de Ramadan est le 3ème pilier de l’islam.
Du lever au coucher du soleil, les musulmans doivent s’abstenir de manger
et de boire.
Ils s’efforcent de refréner leurs désirs à l’aide de la prière : cela permet
aux Croyants de se purifier et d’obtenir le pardon de Dieu.

    θ  Pour en savoir plus sur :
  « Les pratiques du Ramadan », et « Les 5 piliers de l’islam »
Cliquer sur les vignettes ICI --->   et LÀ --->  

Θ   La Mosquée de Jérusalem, Masjid el-Aqsa, et le Dôme du Rocher sont
considérés comme le troisième Lieu Saint de l’Islam. Situés en Palestine occupée (par Israël), leur accès n'est pas libre pour fidèles musulmans du pays ni pour les pèlerins, les vendredis et jours de fêtes.
Pendant ce Ramadan 2015, des quotas ont été fixés pour accéder à la mosquée dont les abords sont interdits aux hommes jeunes par la police ou l’armée israélienne.

Le site Islammedia 2011 offre un dossier remarquable sur la religion musulmane, son Prophète, le Coran, les Lieux saints et plusieurs galeries de magnifiques
photos.

    θ  Visite virtuelle de Masjid el-Aqsa et du Dôme du Rocher :
Cliquer sur l’image --->    

    θ  Une carte des principaux Lieux saints de l’Islam, cliquer ICI --->

Θ   Dans les premiers jours du Ramadan, le 22 juin 2015, Le Vatican a invité
musulmans et chrétiens à s’opposer à la violence religieuse :

[ « Personne ne peut tuer au nom de Dieu ; ceci serait un double crime : contre Dieu et contre la personne elle-même. »
Le message délivré par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux pour la fête d’Aïd-El-Fitr qui marquera la fin du Ramadan, dans un mois (le Ramadan vient de débuter le 18 juin), est sans ambiguïté… ]
    θ  Lire la suite LÀ --->
 

 

Sources :  Islammedia 2011    &    Islamfrance

http://islammedia.free.fr/index.html
http://islamfrance.free.fr/plan.html

 

 

 

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 22:59

 

In Memoriam

Signet hr2-copie-1 Massacres de Sétif-Guelma-Kherrata Signet hr2-copie-1

 

 

SETIF - Mémorial du 8 mai 1945-2015

 
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  En ce 8 mai 2015, la France célèbre le 70e anniversaire de la victoire des Alliés sur le IIIe Reich nazi, tandis que l’Algérie commémore les tueries du 8 mai 1945 à Sétif et dans les villes et les douars alentour. La manifestation des Indigènes de Sétif, à l’origine pacifique, tourna à l’émeute lorsque le jeune porte-drapeau scout Chaâl Bouzid s’écroula victime d’un tir contre la foule…

  L’émeute et son cortège d'exactions meutrières se propagèrent dans toute la région, déclenchant durant plusieurs mois une répression implacable et aveugle des Forces de l'ordre secondées par des milices populaires.

  Cette journée fatidique, tragique prélude à la Guerre D’Algérie, s’est gravée douloureusement dans la mémoire des Algériens, d’autant plus que ces atroces forfaits perpétrés par l’Administration et L’Armée coloniales ont été étouffés depuis et déformés, par les gouvernements français ; les colons de l’époque les niaient et les nostalgiques de l’Algérie française les nient aujourd’hui encore…

  Notons que cette année le 20 avril 2015, un membre du gouvernement Jean-Marc Todeschini en déplacement en Algérie, a fait un « beau » discours. Il s’est recueilli à Sétif devant la stèle de Chaâl Bouzid, la première victime innocente de ce terrible drame, une manière implicite de reconnaître la réalité des faits et la douleur des Algériens.

Son discours reste cependant bien timide concernant l’implication criminelle de la France coloniale dans les malheurs infligés à la population algérienne, pour avoir osé réclamer plus de liberté et de citoyenneté des Pouvoirs publics; il n’a guère suscité d’enthousiasme : pour les Algériens, le « devoir de vérité » est loin d’être accompli… Pour certains Français, le « devoir de vérité » est à sens unique et J-M Todeschini en a trop dit sur cette vérité qui n’appartient qu’à un clan : sur la Toile de nombreux sites, hélas, se font encore l'écho de ce détestable mépris récurrent
  Ce discours est publié par le SDACM
  On pourra comparer avec le discours de l'Ambassadeur de France Bernard
Bajolet
, lors de sa visite à L'Université de Guelma le 27 avril 2008.

 Deux articles publiés en 2011 sur Salam-Akwaba relatent ces funestes événements avec plus de détails, de liens et d'articles de référence :

1 - 8 mai 1945 - Commémorations

2 - Sétif 8 mai 1945 - Témoignages...

 

 

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SETIF La rue Sillègue     Si l'on se penche sur l'Histoire de la Conquête de l'Algérie par la France au XIXe siè;cle, des « pacifications » successives et de la colonisation qui ont suivi, on  s'aperçoit que cette occupation, militaire et coloniale, a été émaillée de révoltes durement réprimées tout au long de ces 132 années...
  La cause réelle et profonde de ces révoltes était occultée par les Autorités coloniales attachées à faire régner l'ordre ; les Européens persuadés de faire oeuvre civilisatrice, avaient en général de bonnes relations, et souvent même parfois d'amitié, avec les Indigènes...   Mais, habités par un fort sentiment de supériorité, la plupart des Français d'Algérie étaient peu sensibles aux frustrations et aux attentes des Algériens qu'ils côtoyaient, ne voulant pas voir en face la réalité et les injustices infligées par l'Administration coloniale à leurs voisins musulmans.



    Á la fin de la IIe guerre mondiale, comme rien ne changeait en Algérie malgré certaines promesses, l'aspiration à l'Indépendance a grandi dans la population algérienne, s'est amplifiée aprés l'impitoyable répression qui a ensanglanté tout le Nord-Constantinois dès le 8 mai 1945 et plusieurs mois durant; Sétif, Guelma et Kherrata ont payé un lourd tribut à cette manifestation à l'origine pacifique qui a dégénéré en émeute...102 victimes françaises et quelques milliers victimes algériennes dont le nombre fait toujours polémique 70 ans plus tard..

 Cette volonté d'indépendance, nourrie de rancoeurs accumulées depuis des années, s'est cristallisée avec la chute de Dien Bien Phu, un 8 mai 1954, qui mit un terme à la colonisation de l'Indochine par la France...
    L'Armèe française ne semblait plus invincible...

  Les Français n'ont jamais pris vraiment conscience de toutes les révoltes durement réprimées «manu militari», qui ont endeuillé les décennies de présence française ; cette présence perçue, à juste titre, comme une occupation étrangère et une exploitation du pays, a été combattue dès les orignes.

cavaliers_rouges_aek-3c84b.jpg   à ce sujet lire la belle et tragique histoire de l'Émir Abd El-Kader, le premier chef de la Résistance algérienne à la conquête française, en cliquant sur la vignette ci-contre :
Image agrandie
 

 

 

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    Sétif, Guelma, Kherrata : les villes, les douars, les djebels de cette belle contrée algérienne alentour, ont été le théâtre de la « folie des hommes » en ce printemps 1945 qui invitait à la joie et à l’espoir avec la fin de la IIe guerre mondiale en Europe et le retour des soldats.

    Ce même jour où les Français en liesse fêtaient l’Armistice en Métropole et Outremer avec les peuples de l’Empire colonial de l’époque, à Sétif éclata un drame épouvantable... Au cours de la manifestation populaire indigène, à l’origine pacifique, une provocation meurtrière causant la mort du jeune scout Chaäl Bouzid, déchaîna la colère de la foule et ce fut l’engrenage fatal :

 Violence des Algériens trahis par les promesses jamais tenues des gouvernements français, meurtris par le mépris des "roumis" alors que nombre d’entre eux (leurs fils, pères, parents, amis) avaient payé le prix du sang à leurs côtés, dans les Armées françaises durant les deux dernières guerres…

  Violence des Forces de l’ordre colonial et des colons ivres de vengeance. La Colonie européenne, accrochée à ses privilèges, ne voulait rien partager et redoutait que les troubles ne s’étendent à l’ensemble de l’Algérie.

    Mais le destin était en marche...
Neuf ans plus tard la Guerre d’Algérie embrasa tout le pays avec son cortège de malheurs et d’horreurs…

Sept ou cinq décennies après ces terribles événements, n’est-il pas temps Français et Algériens, de se libérer des ressentiments, des peurs, des cruels malentendus engendrés par les mensonges d’Etat, et d'aborder enfin l'avenir avec confiance... Un avenir à construire ensemble, plus serein pour nos deux nations.
 

 

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Algérie-Gorges de Kherrata
Dans les gorges de la région de Kherrata
 

 

 

Signet hr2-copie-1 En mémoire du calvaire algérien Signet hr2-copie-1

 

 


       Les Forces de répression

 


          Les arrestations
 

  Les enfants ne furent pas épargnés
 


          Chasse à l'homme
 

          Attente dans l'angoisse ?
 

  La répression barbare qui s'abattit sur cette région d'Algérie, plusieurs mois durant en 1945, est un véritable «Terrorisme d'État», ainsi que l'a qualifiée dernièrement Jean-Louis Planche, un historien français auteur de plusieurs ouvrages sur l'Histoire du Peuple algérien.

... Ce fut le règne de la terreur orchestrée par les troupes coloniales : humiliations, exactions, rafles, tortures, meurtres, habitations détruites et brûlées, massacres, éxécutions sommaires... Lorsque l'Administration judiciaire prit le relai, après les redditions de la population indigène, ce fut pour souvent sans preuve condamner à mort les prisonniers.


          Tueries et incendies dans le bled...
 
          Carnage à Doudjehane en mai 1945
 


 
Silence on tue !
 
         
 

  Printemps 1945 : La France fête l'Armistice, alors que dans le Nord-Constantinois autour de Sétif, se déchaîne la violence de l'État colonial contre la population algérienne :
   répression impitoyable, rafles, «ratonnades», meurtres de civils indigènes par des colons, chasse à l'homme, arrestations arbitraires et exécutions sommaires, destructions de douars, incendies, tueries, etc... Ces actes barbares ont été la règle pendant plusieurs mois, jusqu'à la reddition et la soumission complète de tout le Peuple de cette région.

   Chacun en Algérie a pansé ses plaies : l'Armée et les colons rassurés se sont «endormis» sur leur sanglante victoire... Les Algériens meurtris ont fourbi leurs armes pour conquérir leur Indépendance.


          Redditions et Arrestations

 

Garde à vue en plein air






  NOTES

- Les photos publiées ici, ont été retrouvées à l'aide de Google. Ces photos d'archives proviennent de divers sites à consulter pour l'intérêt de leurs articles et de plus amples informations

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- SOURCES

  ° Le Monde du 7 mai 2015 :Interview de J-L Planche

° Article publié le 7 mai 2008 par LE MATIN.dz : Jean-Louis Planche: les massacres du 8 mai 45, un terrorisme d'´Etat

° Le Rapport d'Information déposé par la Commission des Affaires Étrangères en conclusion des travaux d’une mission d’information constituée le 14 novembre 2012 1, sur l’Algérie - Cf. Année 1945

° Sur le rapport Tubert et le nombre des victimes : un article de Jean-Pierre Peyroulou

° Article du 8 avril 2005 : Le massacre de Sétif ou le sanglant armistice publié par AFRIK.COM

° Le Site «Lettres d'Archipel, Bloc-notes de Jean-Marie Lamblard» lire   ICI

° Journal en ligne El Watan   ICI    et   LÀ

° Quelques Sites : kherratamemoires.e-monsite.com, SETIF.INFO, ldh-toulon.net piednoir.net, eric.et.le.pg, pcint.org, skikda.boussaboua, algerie-focus, memoria.dz, controappuntoblog.org, nadinejeanne.com, paris-luttes.info, aureschaouia, humanite.fr, quartierslibres, etc. présentent articles et photos.

° L'INA propose en vidéo un :
«Rappel historique des massacres répressifs à Sétif en mai 1945»

° Youtube à mis en ligne plusieurs vidéos sur le thème :
   «Massacres de Sétif le 8 mai 1945»
 

 

 

Barre fin article

22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 21:50

 

Le Président syrien Bachar Al-Assad a accordé, pour la première fois, une interview à France 2, une télévision française. Au cours de cet entretien avec David Pujadas, le Chef de l’Etat syrien s’est exprimé, clairement en toute liberté, sur la guerre par procuration imposée à son pays par l'Etranger depuis quatre ans, en dénonçant les responsables du chaos...

 

 

 

La présence du Président syrien au 20 heures du Journal Télévisé de France 2 a créé la surprise et quelques remous dans le Landernau politico-médiatique français.
Les mêmes réactions scandalisées, pleines d’hypocrisie et de hargne, qui ont cours en Occident depuis que les gouvernements Sarkosy-Hollande et la presse hexagonale gratifient Bachar al Assad de tous les noms les plus insultants possibles, ont ressurgi à cette occasion.
L’agitation, l’effervescence « mainstream » s’est bien vite calmée pour ne pas donner plus d’importance et de publicité à la parole de vérité du Président syrien.
Merci à David Pujadas d’avoir osé ouvrir les antennes de France 2 au Président Bachar al Assad, à une heure de grande écoute en France.

 

 

 

 


Guerre de Syrie 2011 à nos jours
Un milicien terroriste éxécute froidement des soldats de l'Armée arabe syrienne

 

 

 

 

La photo ci-dessus évoque de manière terrifiante la tragédie que vit, au quotidien, l’ensemble du Peuple syrien, depuis quatre longues et douloureuses années : massacres, pillages, destructions de leurs maisons, de leurs villes et villages, de leurs écoles, de leurs champs, attentats et enlèvements…
A cela s’ajoute la propagande éhontée des Gouvernements étrangers, relayés par leurs médias, qui ont instauré le chaos en Syrie et y ont introduit les milices armées (ASL) et les terroristes mercenaires - jihadistes, Al-Nostra, Al-Qaëda… et Ei ou Daech : la liste n’est pas close, hélas ! - Ces prédateurs emploient des méthodes de déstabilisation bien « rodées » qui ont fait leurs preuves ces dernières années dans divers pays :
cf. «Comment déstabiliser les pays convoités et y semer le chaos, selon Marco Tugayé »

 

 

 


20 avril 2015 - Le Président syrien Bachar al-Assad accorde un entretien
à David Pujadas, journaliste de France2

 

Entretien de Bachar el-Assad avec France2
par Bachar el-Assad

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 21 avril 2015

Voici l’entretien intégral. France2 a choisi d’en diffuser 14 minutes sur 24 lors de son Journal de 20h. La rédaction l’a précédé d’un reportage relatant la version officielle française des événements, très éloignée de la réalité, mais elle n’a pas cherché à manipuler les propos du président el-Assad et s’est contentée de sélectionner les thèmes abordés sans les modifier. Ainsi a-t-elle écarté ses critiques sur la place actuelle de la France dans le monde ou sa mise au point sur la coopération militaire syro-iranienne.

La direction de France2 nous a demandé de retirer les vidéos que nous avions mises en ligne sur cette page

 

Texte de l’entretien intégral
 

David Pujadas : Bonsoir Monsieur le président. Je voudrais commencer cette interview sans détour. Pour une grande partie de la France, vous êtes en large partie responsable du chaos qui règne en Syrie à cause de la brutalité de la répression qui a été menée ici depuis 4 ans. Pour vous quelle est votre part de responsabilité ?
Bachar el-Assad : Dès les premières semaines du conflit, les terroristes se sont infiltrés dans la situation en Syrie avec l’appui d’États occidentaux et régionaux. Ils ont commencé à attaquer les civils et à détruire des propriétés publiques et privées. Tout ceci est sur internet, et ce sont eux qui ont mis ces vidéos en ligne, pas nous. Notre rôle en tant que gouvernement est de défendre notre société et nos citoyens. Si ce que vous venez de dire était vrai, comment un gouvernement ou un président qui a agi de façon brutale envers sa population, tué ses concitoyens et affronté les pays et les forces politiques les plus puissants au monde bénéficiant des pétrodollars des pays du Golfe, comment un tel président peut-il bien résister pendant quatre ans ? Est-il possible d’avoir le soutien de son peuple quand on est brutal avec lui ?

David Pujadas : Au départ, il y avait des dizaines de milliers de personnes dans les rues, est-ce qu’ils étaient tous djihadistes ?
Bachar el-Assad : Non, bien sûr que non. Mais l’autre question que l’on doit poser est la suivante : Si le premier policier a été tué au sixième jour du conflit, comment a-t-il été tué ? Par les manifestations pacifiques ? ou par les haut-parleurs des manifestants ? Il a été tué par des terroristes. Quelqu’un a pris une arme à feu et a tiré sur ce policier. Peu importe qu’il soit djihadiste ou pas. C’est un terroriste car il a tué un policier.

David Pujadas : Peut-être il y a eu des djihadistes ou des terroristes, mais nos reporters, à l’époque, étaient sur place et ils ont rencontré beaucoup de gens qui leurs disaient :”Nous voulons plus de liberté et plus de démocratie”. Ce n’était pas des terroristes ou des djihadistes.
Bachar el-Assad : Toute personne a assurément le droit de réclamer la liberté, et tout gouvernement doit appuyer la liberté, conformément à la constitution. Mais la liberté signifie-t-elle qu’on tue les civils et les policiers ? Qu’on détruise les écoles et les hôpitaux, l’électricité… les infrastructures ? Tout cela n’appartient pas au gouvernement, mais au Peuple syrien. Ce n’est pas au gouvernement, ce n’est pas à moi. C’est une propriété publique. C’est ça ce que vous entendez par liberté ?

David Pujadas : Vous savez que beaucoup de journalistes et d’analystes disent que vous avez favorisé l’émergence de l’organisation État islamique parce que c’est une opportunité pour vous d’apparaître comme un bouclier, comme un rempart.
Bachar el-Assad : Mais l’ÉI a été créé en Irak en 2006 sous la supervision des États-uniens. Je ne suis pas en Irak. Je n’y ai jamais été. Je ne contrôlais pas l’Irak. Ce sont les États-uniens qui contrôlaient l’Irak. L’ÉI est venu d’Irak en Syrie, car le chaos est contagieux. (Quand le chaos est à votre porte), vous devez vous attendre à ce qu’il entre chez vous.

David Pujadas : Mais ce n’était pas l’OÉI au départ…
Bachar el-Assad : Laissez-moi continuer. Lorsqu’il y a le chaos dans un pays, il devient un terrain fertile pour y faire venir les terroristes. Ainsi, lorsqu’il y a eu le chaos en Syrie, l’ÉI est venu en Syrie. Avant l’ÉI, il y avait le front Al-Nosra, qui fait partie d’Al-Qaïda. Et auparavant, il y avait les Frères musulmans. Ils constituent tous le socle sur lequel s’est appuyé l’ÉI pour faire son apparition.

David Pujadas : Alors, vous n’assumez aucune responsabilité pour ce qui s’est passé ces dernières années ?
Bachar el-Assad : Normalement les choses ne sont pas absolues. Il n’est pas précis de dire qu’on n’assume pas une responsabilité, car chacun a une part de responsabilité. Nous autres en Syrie, nous avons nos problèmes. Le gouvernement est responsable. Chacun d’entre nous est responsable. Tout citoyen syrien est responsable. Mais là je parle de ce qui a amené l’ÉI en Syrie. Le chaos. Et votre gouvernement, ou si vous préférez qu’on le désigne par le terme “régime” comme ils le font pour nous, le régime français est responsable car il a soutenu ces djihadistes en les considérant comme une opposition modérée.

David Pujadas : La France soutient la coalition nationale syrienne. Sont-ils des terroristes ?
Bachar el-Assad : Ceux qui à l’heure actuelle reçoivent le soutien et possèdent des armes occidentales appartiennent à l’ÉI. Ils ont été armés et équipés par votre État et par d’autres pays occidentaux. Votre ministre de la Défense l’a déclaré publiquement au début de l’année en affirmant avoir envoyé des armes. Par conséquent, ceux que vous qualifiez de modérés ont diffusé en 2012, avant que l’ÉI n’apparaisse et que l’Occident ne reconnaisse l’existence même du Front Al-Nosra, une branche d’Al-Qaida, ils ont diffusé des vidéos dans lesquels ils dévoraient le cœur d’un soldat syrien, mutilaient les corps d’autres victimes, et en décapitaient d’autres. Ce sont eux qui ont diffusé ces images, pas nous. Comment pouvez-vous ignorer cette réalité, puisque ce sont eux qui diffusent de telles images et vous disent que telle est la réalité ?

David Pujadas : Parlons du présent. Il apparaît que l’armée syrienne continue à utiliser des armes aveugles qui ont des effets dévastateurs pour les civils pour la population, notamment les barils explosifs. Pourquoi poursuivez-vous cette stratégie ?
Bachar el-Assad : Nous n’avons jamais entendu parler au sein de notre armée d’armes aveugles. D’ailleurs aucune armée au monde, y compris la nôtre, n’accepterait d’utiliser des armes qui ne peuvent pas cibler avec précision, car elles n’auraient aucun intérêt, elles seraient inutiles d’un point de vue miliaire. Par ailleurs, lorsque vous parlez de tueries aveugles qui ne font aucune discrimination entre civils et combattants, il ne s’agit pas d’armes mais de la manière dont vous faites usage de ces armes. La preuve, ce sont les drones utilisés par les États-uniens au Pakistan et en Afghanistan, qui tuent des civils beaucoup plus que des terroristes. Ce sont les armes les plus précises au monde. Ce n’est donc pas un problème de type de bombes. Nous avons des bombes conventionnelles et des armements classiques réguliers.

David Pujadas : Vous n’utilisez pas les barils explosifs ?
Bachar el-Assad : C’est quoi les barils explosifs ? Pouvez-vous me dire ce que c’est ?
David Pujadas : Il y a plusieurs documents, plusieurs extraits de vidéos et des photos comme celles-ci où on peut voir un baril explosif largué d’un hélicoptère. C’est à Alep et Hama, il y a quelques mois, il y a un an. Seule l’armée syrienne possède des hélicoptères, quelle est votre réponse ?
Bachar el-Assad : Ce n’est pas une preuve. Ce sont deux images de deux choses différentes. Personne ne peut les relier l’une à l’autre.
David Pujadas : Alep et Hama
Bachar el-Assad : Alep et Hama Non, non. Cette image que vous montrez, qu’est ce que c’est ? Je n’ai jamais vu une chose ce genre de chose dans notre armée. Je ne parle pas des hélicoptères. Je parle de ces deux photos. Qu’est-ce qui vous permet de les associer l’une à l’autre ?

David Pujadas : Est-ce que vous dites que se sont des photos ou des documents falsifiées ?
Bachar el-Assad : Non, il faut que ce soit vérifié. Mais dans notre armée, nous n’utilisons que des bombes conventionnelles qui nécessitent de viser. Nous n’avons aucun armement qui puisse être utilisé aveuglément. C’est tout.

David Pujadas : Mais se sont bien des hélicoptères, et seule l’armée syrienne en possède.
Bachar el-Assad : Oui, bien sûr. Je n’ai pas dit que nous n’avons pas d’hélicoptères, ni que nous ne les utilisons pas. Je parle des armes avec lesquelles nous visons les terroristes. À quoi bon tuer aveuglément ? Pourquoi tuer les civils ? La guerre en Syrie consiste à gagner le cœur des gens, et non à les tuer. Si vous tuer les gens, vous ne pouvez pas rester au gouvernement ou rester président. C’est impossible.

David Pujadas : Qu’en est-il des armes chimiques ? Il y a deux ans vous vous êtes engagé à ne plus utiliser d’armes chimiques. Avez-vous utilisé du gaz du Chlore durant la bataille d’Irbil le mois dernier ?
Bachar el-Assad : Non, c’est un autre faux récit donné par des gouvernements occidentaux. Pourquoi ? Parce que nous possédons deux usines de chlore. L’une a été fermée il y a plusieurs années et n’est plus donc opérationnelle, l’autre se trouve au Nord de la Syrie, et c’est l’usine la plus importante. Elle se situe sur la frontière avec la Turquie et se trouve sous le contrôle des terroristes depuis deux ans. Nous avons envoyé à l’ONU des documents officiels à ce sujet. Ils voulaient venir, et nous ont adressé une réponse officielle disant qu’il leur était impossible d’arriver jusqu’à cette usine. Par conséquent, le chlore en Syrie et sous le contrôle des groupes armés. Par ailleurs, ce ne sont pas des armes de destruction massive. Les armes conventionnelles que nous possédons sont beaucoup plus efficaces que le chlore. Nous n’avons donc pas besoin de l’utiliser de toute manière.

David Pujadas : Mais il y a eu des investigations et je pense que vous avez lu les rapports de Human Rights Watch concernant Idlib le mois dernier. Il y a eu trois attaques dans lesquelles on pouvait distinguer l’odeur du chlore, ainsi que des symptômes semblables à ceux de l’utilisation des gaz toxiques. Cela est cité dans le rapport. Ces attaques ont eu lieu dans des zones sous contrôle de l’opposition armée. Est-ce que Human Rights Watch ment ?
Bachar el-Assad : Nous n’avons pas utilisé le chlore, et nous n’en avons pas besoin. Nous avons nos armements classiques, et nous pouvons atteindre nos objectifs sans y avoir recours. Nous n’en avons pas besoin. Il n’y a aucune preuve

David Pujadas : Il y a des témoins de l’attaque et des témoignages de médecins
Bachar el-Assad : Non, non. En réponse à toutes les allégations concernant l’usage, dans le passé ou le présent, d’armes chimiques, c’est nous qui demandions toujours aux institutions internationales d’envoyer des délégations pour enquêter. C’était nous qui avons formulé cette demande et pas le camp adverse. Il y a deux ans, nos soldats ont été exposés au gaz sarin. Nous avons invité l’Onu à mener une enquête. Comment aurait-on pu le faire si c’était nous qui utilisons ce gaz ? Ce n’est pas vrai.

David Pujadas : Seriez- vous prêt à les inviter à nouveau à venir, concernant Idlib ?
Bachar el-Assad : Nous l’avons déjà fait. Nous le faisons toujours. Nous n’avons aucun problème à cet égard.

David Pujadas : Aujourd’hui il y a une coalition internationale avec à sa tête les États-Unis qui mène des bombardements aériens contre l’OÉI. Est-ce que pour vous c’est un problème, ou est-ce que c’est une aide ?
Bachar el-Assad : Ni l’un ni l’autre. Il n’y a bien entendu aucun problème à attaquer les terroristes. Mais si la coalition n’est pas sérieuse, cela ne nous aide pas.

David Pujadas : Pourquoi, elle n’est pas sérieuse ?
Bachar el-Assad : Si vous comparez le nombre de frappes aériennes effectuées par les forces de la Coalition composée de 60 États à celles que nous avons effectuées, nous petit État, vous constaterez que nous bombardons parfois 10 fois plus que la Coalition en l’espace d’une journée. Est-ce sérieux ? Ça leur a pris quatre mois pour libérer ce que leurs médias appellent la ville de Kobani, sur les frontières turques, malgré la présence de combattants syriens sur le terrain. Ils ne sont donc pas sérieux jusqu’à présent. Une autre preuve, c’est que l’ÉI s’est élargie en Syrie, en Irak, en Libye et dans la région en générale. Comment pouvez donc dire que la coalition a été efficace ? Ils ne sont pas sérieux, c’est la raison pour laquelle ils n’aident personne dans cette région.

David Pujadas : La Coalition a effectué des milliers de frappes aériennes depuis le début de l’intervention. Mais la France fait des frappes uniquement en Irak. Voudriez-vous que la France rejoigne la Coalition pour frapper en Syrie ?
Bachar el-Assad : J’ai dit qu’ils ne sont pas sérieux de toute manière. On ne peut pas former une coalition contre le terrorisme et soutenir en même temps les terroristes. Ça nous est donc égal qu’ils frappent en Syrie, en Irak ou dans les deux à la fois, tant qu’ils continuent à soutenir ces mêmes terroristes en même temps. Ils envoient des armes à ces mêmes terroristes sous prétexte de soutenir l’opposition modérée. Au moment même où Obama a qualifié cette opposition d’illusoire. À qui donc vont ces armes réellement ? Aux terroristes. C’est contradictoire. C’est voué à l’échec.

David Pujadas : Vous avez un ennemi commun avec la France, l’OÉI. Est-ce que depuis les attentats du mois de janvier à Paris il y a des contacts entre vos services de renseignement et les services de renseignement français ?
Bachar el-Assad : Il y a des contacts, mais il n’y pas de… coopération.

David Pujadas : Que voulez-vous dire par contacts ?
Bachar el-Assad : Nous avons rencontré certains responsables de vos services de Renseignement, mais il n’y a point de coopération.

David Pujadas : Il n’y a pas d’échange d’informations ?
Bachar el-Assad : Non. Rien du tout.

David Pujadas : Alors, vous vous êtes réunis ?
Bachar el-Assad : Ce sont eux qui sont venus en Syrie, et pas nous qui sommes allés en France. Ils sont venus peut-être pour un échange d’informations. Mais lorsque vous souhaitez établir ce genre de coopération, ça doit être dans les deux sens : Nous les aidons, et ils nous aident en retour. Mais d’après vos politiques et celle du gouvernement français, il faudrait les aider alors qu’ils soutiennent les terroristes et tuent nos citoyens. Ça ne marche pas comme ça.

David Pujadas : Est-ce la France qui a demandé ces contacts avec vos services de Renseignement ?
Bachar el-Assad : Oui, nous les avons rencontrés. Il y a eu une réunion avec eux.

David Pujadas : Est–ce que c’était suite à une demande de la France ?
Bachar el-Assad : Oui. Nous, nous n’avons rien à demander aux services de Renseignement français. Nous disposons de tous les renseignements sur les terroristes.

David Pujadas : Il y a des centaines de Français qui sont venus se battre aux côtés du groupe État islamique. Est-ce que vous avez arrêté des Français ? Et est-ce qu’il y a des Français du groupe de l’État islamique qui sont détenus aujourd’hui dans vos prisons ?
Bachar el-Assad : Non, nous n’en avons aucun dans les prisons. Nous n’avons que des informations. La plupart de ces djihadistes viennent ici pour combattre, mourir et aller au paradis. Telle est leur idéologie. Ils ne sont donc pas prêts à aller dans les prisons, quelles qu’elles soient.

David Pujadas : Alors, il n’y en a aucun dans les prisons.
Bachar el-Assad : Non, nous n’en avons aucun dans nos prisons.

David Pujadas : Il y a aujourd’hui des gens en France et parmi eux des hommes politiques, des parlementaires notamment, vous en avez reçu quelques-uns ici… Ils disent qu’il faut renouer le dialogue avec vous. Quelle initiative seriez-vous prêt à prendre pour convaincre l’autre partie de la France et des français, que vous pouvez être un partenaire ?
Bachar el-Assad : Avec eux ?
David Pujadas : Avec la France ?
Bachar el-Assad : Ils doivent d’abord me convaincre qu’ils ne soutiennent pas les terroristes, et qu’ils ne sont pas impliqués dans l’effusion de sang en Syrie. Ce sont eux qui se sont trompés à l’égard de la Syrie. Nous n’avons tué aucun Français ni aucun Européen. Nous n’avons pas aidé les terroristes dans votre pays. Nous n’avons pas aidé ceux qui ont attaqué Charlie Hebdo. C’est vous qui avez aidé les terroristes. Par conséquent, votre pays, les responsables occidentaux doivent nous convaincre qu’ils ne soutiennent pas les terroristes. Mais nous sommes prêts à tout dialogue, prenant en considération le fait que ceci sera dans l’intérêt des citoyens syriens.

David Pujadas : Alors, actuellement vous n’êtes pas intéressé au dialogue avec les France ?
Bachar el-Assad : Non, nous sommes toujours intéressés au dialogue avec quiconque. Mais comment peut-on établir un dialogue avec un régime qui soutient le terrorisme dans notre pays. Et pour quelle raison ? Telle est la question. Lorsqu’ils changeront de politique, nous serons prêts pour le dialogue. Sans ça, le dialogue n’aura aucun but. Il n’y a pas de dialogue pour le dialogue. L’objectif est d’aboutir à certains résultats. Pour moi, le résultat serait que le gouvernement français cesse son appui aux terroristes dans mon pays.

David Pujadas : Alors, vous n’avez pas de message à adresser à Hollande en vue d’un dialogue ?
Bachar el-Assad : Je crois que le principal message qui doit lui être adressé doit l’être par le Peuple français. Les sondages en France montrent bien le message que Hollande devrait écouter davantage. À savoir, qu’il est le président le plus impopulaire depuis les années cinquante. Il devrait s’occuper de ses citoyens et les protéger des terroristes qui viennent en France. En ce qui me concerne, en tant que président qui souffre en Syrie avec ses citoyens de ce terrorisme, je pense que le message le plus important est que ce que vous avez vécu en France n’est que la partie émergée de l’iceberg. Quand on parle de terrorisme, sachez qu’il y a toute une montagne sous la mer. Soyez conscients que cette montagne s’en prendra à votre société.

David Pujadas : Le secrétaire d’État américain a dit que peut être il y aura un dialogue avec le président Bachar el-Assad, avant de revenir sur cette position. Vous aviez dit ce ne sont que des mots, et moi je voudrais entamer le dialoguer, vous y êtes donc prêt ?
Bachar el-Assad : Bien sûr que nous sommes prêts. J’ai dit que nous sommes disposés à mener un dialogue avec tout pays dans le monde, y compris avec les grandes puissances… y compris avec la France. Mais j’ai dit que le dialogue doit s’appuyer sur une politique précise. Les fers de lance contre la Syrie ont été : un, la France, deux, le Royaume-Uni. Ce n’était pas les États-Unis cette fois au soutien des terroristes en Syrie. Obama a reconnu que l’opposition modérée en Syrie est une illusion.

David Pujadas : Il a dit que c’est illusoire de croire que nous pouvons les armer et qu’ils peuvent gagner la guerre, mais il n’a pas dit qu’il n’y a pas d’opposition modérée ?
Bachar el-Assad : Exactement. Que veut-il dire par “nous pouvons leur fournir des armes, et ils pourront gagner la guerre” ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Que signifie ce fantasme ? Ils ont dit qu’ils allaient armer l’opposition modérée. Pouvez-vous me dire ce que c’est que cette opposition modérée ? Où est-elle ? Nous, nous ne la voyons pas. Nous vivons en Syrie et vous, vous vivez en France. Moi je vis ici et je ne vois pas cette opposition modérée pour la combattre, si nous devons la combattre. Elle n’existe pas.

David Pujadas : Vous dites qu’il y a un grand nombre de pays étrangers impliqués dans le conflit en Syrie. Mais est-ce que vous auriez pu, sans le soutien de l’Iran et de Hezbollah, combattre le terrorisme en ce moment ? C’est-à-dire vous avez condamné les pays étrangers impliqués dans le conflit en Syrie, qu’en est-il du soutien iranien et de celui de Hezbollah ?
Bachar el-Assad : Il y a une grande différence entre l’intervention et l’invitation. Tout pays, tout gouvernement dans le monde, tout État a le droit d’inviter n’importe quel pays ou n’importe quel parti ou organisation à l’aider dans n’importe quel domaine. Mais nul pays n’a le droit d’intervenir sans y être invité. Nous avons invité Hezbollah, mais pas les Iraniens. Ils n’y a pas de troupes iraniennes en Syrie, et ils n’ont envoyé aucune force.

David Pujadas : Il n’y a pas d’Iraniens qui combattent à vos cotés ?
Bachar el-Assad : Non, non. Ils ne combattent pas. Nous avons avec l’Iran des relations régulières, et ce depuis plus de trente ans. Des commandants et des officiers vont et viennent entre les deux pays conformément à la coopération existant entre nous depuis bien longtemps. C’est différent que de participer aux combats. Ils ne combattent pas. En tant que gouvernement, nous avons droit à ce genre de collaboration. En revanche, la France et d’autre pays n’ont pas le droit de soutenir qui que ce soit dans notre pays. C’est une violation du droit international, de notre souveraineté et des valeurs dont ils se vantent, ou dont certains prétendent être fiers depuis des décennies, voire peut-être depuis des siècles ; et parmi lesquelles celle de la démocratie. Est-ce de la démocratie que d’envoyer des armes aux terroristes et de les appuyer ? Ai-je le droit de soutenir les terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo par exemple ?

David Pujadas : Vous savez ce que le Premier ministre français a dit, récemment, de vous ? Il a dit que vous êtes “un boucher” que répondriez-vous ?
Bachar el-Assad : Tout d’abord, je vais être franc avec vous. Personne ne prend plus aux sérieux les déclarations des responsables français. Pour une simple raison : c’est que la France est devenue en quelque sorte un satellite de la politique états-unienne dans la région. Elle n’est pas indépendante, et n’a aucun poids. Elle n’a plus aucune crédibilité. Par ailleurs, En tant que responsable, je m’occupe toujours de l’opinion du peuple et des citoyens syriens. Ce n’est pas la France ou un autre pays qui a fait de moi ce que je suis. Je suis là par la volonté des citoyens syriens, et c’est ça ce qui m’importe.

David Pujadas : Est-ce que vous pensez qu’un jour, réellement, vous gagnerez cette guerre et que tout redeviendra comme avant en Syrie ?
Bachar el-Assad : Non. Rien ne sera plus comme avant. Revenir au point de départ signifie que nous n’évoluons pas, et que nous n’avons pas tiré les bonnes leçons du conflit. Plusieurs leçons se dégagent de ce conflit. Nous devons les assimiler et faire en sorte que les choses s’améliorent, et non qu’elles reviennent comme avant. Il y a là une grande différence.

David Pujadas : Avec Bachar el-Assad à la tête du pays ?
Bachar el-Assad : Peu m’importe. Ce qui m’intéresse c’est ce que souhaite le peuple syrien. S’ils veulent Bachar el-Assad, il restera. S’ils ne veulent pas de lui, il quittera sur le champ. Je veux dire comment sera-t-il en mesure de gouverner sans l’appui de son peuple ? Il ne le pourra pas.

David Pujadas : Comment saviez-vous que vous jouissez d’un soutien populaire ?
Bachar el-Assad : D’abord, si je ne jouissais pas du soutien, le Peuple n’aurait pas soutenu l’Armée et on n’aurait pas pu résister pendant quatre ans. Comment pouvez-vous résister sans l’appui du Peuple ?

David Pujadas : Peut être, ils ont peur
Bachar el-Assad : Il y a 23 millions de Syriens. Comment peuvent-ils avoir peur d’une seule personne, ou d’un seul service de Renseignement, ou d’un seul gouvernement ? Ce n’est pas réaliste, et c’est insensé.

David Pujadas : Croyez-vous que la Syrie est une démocratie ? Croyez-vous vraiment que les gens peuvent dire ce qu’ils veulent ?
Bachar el-Assad : Non. Nous étions sur la voie de la démocratie. C’est un long processus. Il n’y a pas un point que vous atteignez et vous dites “c’est ça la démocratie”. Si vous voulez nous comparer à l’Occident, à la France et à d’autres pays, je dirai “non”. Vous êtes certainement bien plus avancés que nous en raison de votre histoire et de plusieurs circonstances et facteurs. Mais si vous voulez nous comparer à votre ami le plus proche, l’Arabie saoudite, je dirai bien sûre que nous avons la démocratie. Ça dépend donc avec qui vous me comparez.

David Pujadas : Si vous aviez la certitude que votre départ signifierait la paix en Syrie, partiriez-vous ?
Bachar el-Assad : Sans hésitation. Si c’est le cas, je le ferai sans hésitation. Je quitterai le pouvoir. Si je suis la cause du conflit dans mon pays, je ne dois pas être là où je suis. C’est évident.

David Pujadas : Je voudrais vous montrer une autre photo. C’est Gilles Jacquier. Un journaliste dans notre chaîne France 2. Il a été tué en Syrie il y a 3 ans. Vous aviez promis de faire une enquête pour savoir qui l’a tué. Que pourriez-vous nous dire concernant cette investigation ?
Bachar el-Assad : Indépendamment des accusations qui nous ont été adressées à l’époque de l’avoir tué, il était dans un quartier résidentiel sous contrôle du gouvernement. Il a été tué par un obus mortier et non par balle. Il est évident que le gouvernement ne se serait pas bombardé, ni n’aurait bombardé les quartiers de ses propres partisans. Il est donc très clair, et tout le monde le sait, plusieurs médias français l’ont reconnu : il a été tué par un obus mortier tiré par ce que vous appelez l’opposition, alors qu’il s’agit en fait de terroristes. Il a sans aucun doute été tué par eux. Mais votre question était sur l’enquête ?

David Pujadas : Est-ce que seriez prêt à communiquer les résultats de ses investigations à la Justice française, peut-être même les preuves ?
Bachar el-Assad : Nous n’avons rien à prouver. Nous avons nos propres procédures légales ; et lorsqu’un crime est commis en Syrie, nous suivons ces procédures comme n’importe quel autre pays. En Syrie, nous avons un système judiciaire et des procédures habituelles. Si vous voulez en savoir plus après cette interview, on peut vous renvoyer vers les autorités compétentes.

David Pujadas : Est-ce que seriez prêt à communiquer les résultats de ses investigations à la Justice française ?
Bachar el-Assad : Bien sûr, aucun problème.

David Pujadas : Est-ce que seriez prêt à laisser venir des enquêteurs français, des policiers ou des juges pour mener leur propre investigation ici en Syrie ?
Bachar el-Assad : Ça dépend de l’existence ou non d’un accord entre les deux gouvernements. S’il y a un accord, une convention ou un traité relatif au système judiciaire entre les deux pays et la coopération bilatérale dans ce domaine, il n’y a pas de problème. Ce n’est pas une décision politique.

David Pujadas : Merci Monsieur le président
Bachar el-Assad : C’est moi qui vous remercie.
Bachar el-Assad

Source : http://www.voltairenet.org/auteur6073.html?lang=fr

 

 

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 22:13



Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière
et sur les habitants des pays de l'ombre,
Une lumière a resplendi.

Cantique d'Isaïe

 


La Nativité






Pour les chrétiens cette lumière qui vient éclairer l'humanité, c'est l'annonce de la naissance du Messie, du Rédempteur dont parle le prophète Isaïe.
En cette nuit de Noël, Catholiques et Orthodoxes célébrent la Nativité de Jésus, venu partager notre vie humaine de la naissance à la mort en
passant par la souffance.
La liturgie de la Messe de la Nuit du 24 décembre témoigne, par la Lecture du livre d'Isaïe (9,1-6), de la naissance de cet enfant :
"Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de -Paix".
Le verset 1 de ce texte figure en exergue sur cette page.
A partir du 25 décembre les jours rallongent : cette date marque
le passage de l'ombre à la lumière, date symbolique choisie pour fêter la naissance de Jésus, Lumière du monde.
Noël, c'est l'accueil du Christ dans notre monde : c'est Jésus, homme parmi les hommes, qui chemine avec chacun de nous... Jésus-Christ, Parole de Dieu notre Créateur, messager de l'Evangile, messager de joie et
d'Espérance pour la Chrétienté ...

Qui est Jésus ? Que signifie cette fête de Noël pour les autres
religions et chez les non croyants ?

Jésus est un trés grand prophète en Islam, un envoyé de Dieu ;
les musulmans respectent et révèrent Aïssa, dont il ne citent jamais le nom sans le faire suivre de la prière : "Que la paix soit sur lui". Ils croient à sa naissance miraculeuse mais n'admettent pas sa mort sur la croix, ni le dogme de la Trinité et donc la divinité de Jésus...

Les Juifs n'ont pas reconnu en Jésus, le Messie que leur annonçaient les Prophètes d'Israël (cf. Isaïe chapitre XI). Pour eux, Yéshoua n'est qu'un rabbin qui prêche l'amour de Dieu et du prochain, comme déjà
le prônaient le Lévitique, l'Exode, les Proverbes... Au regard de la loi de Moïse, le Judaïsme récuse la filiation divine de Jésus. le Messie attendu par les Juifs est un homme ; il doit faire resplendir, au coeur des hommes, la Loi de Dieu, reçue au Sinaï, et instaurer une ère de paix et de justice sur la terre : rien de tel n'ayant été constaté depuis, Jésus ne peut être le Messie...

Nombreux dans notre monde, sont celles et ceux qui considèrent Jésus comme un maître de sagesse, sans pour autant adhérer à une religion.

A notre époque, dans tous les pays où vivent chrétiens, croyants d'autres réligions, indifférents et athées, Noël est cependant une grande fête, fête des familles, fête de la fraternité pendant laquelle règne un peu plus d'amour, de joie, de paix ou d'espoir de paix entre les uns et les autres.

Espoir de paix bien fragile, pour ne pas dire illusoire, car sans cesse fracassé sous les bombes dans certains pays :
Palestine, Syrie, Irak, Donbass (Est de l'Ukraine).
Comment ne pas faire nôtres les douloureux constats dont le Pape François a pris acte dans son Message Ubi et Orbi en ce Noël 2014.

"Vraiment, il y a tant de larmes en ce Noël !"

Année après année, je ne puis que faire humblement écho aux prières et aux voeux du Pape François pour qu'un un monde meilleur de plus de justice et de paix s'instaure au sein de notre Humanité. Cela dépend de chacun de nous, et surtout des dirigeants et des députés auxquels nous confions les destinées de nos pays, souvent imprudemment.

À vous Amis qui passez, en ces jours de festivités de Noël et 1er de l'An, ayons une pensée et une prière pour tous ceux qui souffrent, en raison des maux qui les accablent ; maladies, pauvreté, injustices et guerres. Prenons conscience de ces fléaux, dont chacun de nous est en partie responsable pour garder un silence coupable devant les exactions perpétrées , en notre nom, cette année encore en Palestine occupée
(depuis novembre 1947), en Syrie, en Irak, en fait dans tout le Proche et le Moyen-Orient... Et depuis février 2014 dans l'Est de l'Ukraine...



Que la Lumière et les Paroles de Jésus, Prince de la Paix,
éclairent l'intelligence des Dirigeants de ce monde,
afin que cesse le massacre des Innocents !

Que l'Esprit du Seigneur garde nos coeurs en paix,
ouverts à l'accueil de tous nos frères,
tout au long de l'Année qui vient.

Et que la Joie de Noël puisse régner sur Terre,
sans ombre et sans partage !

Meilleurs Voeux à toutes et à tous !

Deu vos guard !

 

 




Message Urbi et Orbi du Pape François

 

TEXTE INTEGRAL du Message Urbi et Orbi du Pape François:

Message Urbi et Orbi

Noël 2014

Chers frères et sœurs, joyeux Noël !

Jésus, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, est né pour nous. Il est né à Bethléem d’une vierge, réalisant les antiques prophéties. La vierge s’appelle Marie, son époux Joseph.
Ce sont les personnes humbles, pleines d’espérance dans la bonté de Dieu, qui accueillent Jésus et le reconnaissent. Ainsi, l’Esprit Saint a éclairé les bergers de Bethléem, qui ont accouru à la grotte et ont adoré l’Enfant. L’Esprit Saint a ensuite guidé les vieillards, Siméon et Anne, dans le Temple de Jérusalem, et ils ont reconnu en Jésus le Messie. « Mes yeux ont vu le salut » s’exclame Siméon – « le salut que [Dieu] préparait à la face des peuples » (Lc 2, 30).
Oui, frères, Jésus est le salut pour chaque personne et pour chaque peuple ! À lui, Sauveur du monde, je demande qu’il regarde nos frères et sœurs d’Irak et de Syrie qui, depuis trop de temps, souffrent des effets du conflit en cours et, avec ceux qui appartiennent à d’autres groupes ethniques et religieux, subissent une persécution brutale. Que Noël leur apporte de l’espérance, comme aux nombreuses personnes dispersées, déplacées et réfugiées, enfants, adultes et personnes âgées, de la région et du monde entier ; que l’indifférence se change en proximité et le refus en accueil, pour que tous ceux qui à présent sont dans l’épreuve puissent recevoir les aides humanitaires nécessaires pour survivre à la rigueur de l’hiver, revenir dans leurs pays et vivre avec dignité. Puisse le Seigneur ouvrir les cœurs à la confiance et donner sa paix à tout le Moyen-Orient, depuis la Terre bénie de sa naissance, en soutenant les efforts de ceux qui s’engagent efficacement pour le dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

Jésus, Sauveur du monde, regarde tous ceux qui souffrent en Ukraine et donne à cette terre aimée de surmonter les tensions, de vaincre la haine et la violence et d’entreprendre un nouveau chemin de fraternité et de réconciliation. Christ Sauveur, donne la paix au Nigeria, où à nouveau du sang est versé et trop de personnes sont injustement soustraites à l’affection de leurs proches et tenues en otage ou massacrées. J’invoque aussi la paix pour d’autres parties du continent africain. Je pense particulièrement à la Libye, au Sud Soudan, à la République Centrafricaine et à différentes régions de la République Démocratique du Congo ; et je demande à tous ceux qui ont des responsabilités politiques de s’engager par le dialogue à surmonter les oppositions et à construire une cohabitation fraternelle durable.

Que Jésus sauve les trop nombreux enfants victimes de violence, faits objet de trafic et de traite des personnes, ou contraints à devenir soldats.Les enfants abusés, si nombreux. Qu’il donne réconfort aux familles des enfants tués au Pakistan la semaine dernière. Qu’il soit proche de tous ceux qui souffrent de maladies, en particulier les victimes de l’épidémie d’Ébola, surtout au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Tandis que de grand cœur je remercie tous ceux qui œuvrent courageusement pour assister les malades et leurs proches, je renouvelle une invitation pressante à assurer l’assistance et les thérapies nécessaires.

L'enfant Jésus. Je pense à tous ces enfants aujourd'hui tués ou maltraités, soit avant d'avoir vu le jour, privés de l'amour généreux de leurs parents et enterrés dans l'égoisme d'une culture qui n'aime pas la vie; je pense à ces enfants réfugiés à cause des guerres et des persécutions, abusés et exploités sous nos yeux et dans notre silence complice. Je pense à ces enfants massacrés sous les bombardements, même là où le fils de Dieu est né. Encore aujourd'hui leur silence impuissant crie sous l'épée de tant d'Hérodes. Sur leur sang trône aujourd'hui l'ombre des Hérodes de notre temps.

Vraiment, il y a tant de larmes en ce Noël, avec les larmes de l’Enfant-Jésus !

Chers frères et sœurs, que l’Esprit Saint éclaire aujourd’hui nos cœurs, pour que nous puissions reconnaître dans l’Enfant-Jésus, né à Bethléem de la Vierge Marie, le salut donné par Dieu à chacun de nous, à chaque homme et à tous les peuples de la terre. Que le pouvoir du Christ, qui est libération et service, se fasse sentir dans beaucoup de cœurs qui souffrent des guerres, des persécutions, de l’esclavage. Qu’avec sa mansuétude, ce pouvoir divin touche la dureté des cœurs de tant d’hommes et de femmes immergés dans la mondanité et dans l’indifférence. La globalisation de l'indifférence. Que sa force rédemptrice transforme les armes en charrues, la destruction en créativité, la haine en amour et en tendresse. Ainsi nous pourrons dire avec joie : « Nos yeux ont vu ton salut ».

Joyeux Noël à tous !

SOURCE : Radio Vatican
La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

 

 

 

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 22:14

 


ORIENT - Riad Beyrouti, Artiste peintre syrien contemporain





Dès les premiers mois de l'année 2011, le "Printemps arabe" a embrasé la plupart des pays des bords de la Méditterranée.
 En mars 2011, dupée par les médias mainstream français et la chaîne qatarie Al Jazeera, j'ai publié un article enthousiaste plein d'illusion :

"Des Peuples en marche pour changer le Monde..."

La tragédie libyenne,l'invasion de hordes mercenaires terroristes en Irak, Syrie, Afrique, ont révélé peu à peu la véritable signification de ces soi-disant révoltes populaires ; ces événements dramatiques, guerres importées de l'Etranger dans des pays bien ciblés - et non dans certains pays voisins ? ! - ont fait prendre conscience des objectifs criminels et des machinations ourdies par des grandes puissances occidentales pour accaparer les richesses des pays plus faibles : ces pays du Bloc BAO sont les "donneurs d'ordre", pourvoyant en armes, en argent leurs mercenaires et noyant le monde entier de propagande mensongère via les médias...

La Syrie et son Président Bachar al-Assad sont depuis quatre ans dans la tourmente terroriste. Les Syriens, l'Armée Arabe Syrienne, les Pouvoirs publics résistent avec détermination et courage : le pays se reconstruit dès que les combats cessent là, où leurs soldats ont chassé les milices étrangères de tueurs...

Le Président syrien a exprimé très clairement ses vues sur l'avenir et la situation de son pays, n' hésitant pas à dénoncer les actions nuisibles et leurs auteurs. Sa position et sa volonté de sauver le Peuple syrien de la guerre et des ingérences étrangères n'ont pas varié depuis 2011 : ils se sont renforcées dans l'adversité.  Lire :
Damas - le Président syrien Bachar al-Assad accorde un entretien à Paris Match le 29 novembre 2014


 

 

A propos de la Syrie ces dernières années

 

 

Les origines...
SYRIE 2012 ou "La Conjuration" de Francisco de Goya (1746-1828)

Février 2012
Veto de la Chine et de la Russie pour en finir avec les ingérences du BAO en Syrie

Avril 2012
Actualités de la Crise syrienne - Mises en garde de Sergueï Lavrov le 17 avril 2012

Juillet 2012
Ron Paul et la Question Syrienne

Lettre ouverte d'un prêtre arabe de Syrie, le Père Elias Zahlaoui au Président de la République française François Hollande

Septembre 2012
Lettre ouverte du Père Elias Zalhaoui au Pape Benoît XVI

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci - Comité Valmy

Novembre 2012
Entretien exclusif du Président syrien Bachar Al-Assad à la chaîne Russia Today le 9 novembre 2012

Janvier 2013
Lettre ouverte au président François Hollande par Me André Chamy (Libye-Syrie)

Août 2013 - Début de la crise des armes chimiques
Fausses accusations récurrentes
La Syrie ne sera jamais une "poupée" occidentale

Septembre 2013
En direct de la Maison Blanche August 31,2013 03:56 PM


 

 

Les nouvelles de Syrie, du Liban et d'Iran

Agence Arabe Syrienne d'Informations : SANA

Site de la chaîne AlManar-Liban : ALManar

Islamic Republic of Iran Broadcasting : IRIB
Radio Francophone


 

 

Une analyse intéressante sur l'Armée Arabe Syrienne : ICI

Entretien Bachar al-Assad / Paris Match : LA

 

 

 

Barre fin article

7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 20:07

 

« Mais quoiqu’il arrive, nous autres Syriens, n’accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident.
C’est un principe fondamental pour nous. »

 

Champs d'oliviers et collines calcaires au nord-ouest d'Alep, Syrie,
 1996 [Site : Images du monde  Réf : syrie_014 ]
Champs d'oliviers et collines calcaire en 1996 - Nord-ouest d'Alep



 

 

Quelques rappels préliminaires
 

En mars 2011, sous prétexte de "printemps arabe", la Syrie est  devenue la cible d'une "révolte", révolte en grande partie importée, orchestrée et  financée de l'Etranger.
Suivant des méthodes bien rodées, les experts en révoltes "spontanées"
allient au terrorisme, le chantage des sanctions - depuis 2004 - et les
désinformation et propagande médiatiques, etc...
Dès les premiers jours, le terrorisme a remplacé les manifestations qui
se voulaient à l'origine non-violentes: c'était sans compter sur quelques
snipers , infiltrés dans la foule, qui ont mis "bon ordre" à ces velléités
populaires pacifiques en tirant sur les Forces de l'ordre...
Cf. Comment déstabiliser les pays convoités et y semer le chaos, selon Marco Tugayé
Semer le chaos et la mort pour terroriser les Syriens dans le but de
déstabiliser le pays, les structures gouvernementales, détruire les Forces armées syriennes (pour la sécurité d'Israël qui occupe le Golan) ;
l'objectif principal - Obama ne s'en cache plus - étant, et le restant, de remplacer le président élu Bachar al-Assad par un dirigeant tout acquis aux ambitions hégémoniques des Etats-Unis, de l'OTAN et d'Israël.
Ne pas oublier que derrière la Syrie et son président, c'est l'Iran qui est visé...
C'est le remodelage du Moyen Orient qui est en jeu pour Washington !
Cf. "Le Grand Echiquier" de Zbigniew Brzezinski.

Depuis bientôt quatre ans, ces sinistres projets se heurtent à la farouche volonté et au courage héroïque des Syriens unis autour de leur Armée, du Président al-Assad et son gouvernement pour défendre leurs vies, leur pays contre les hordes terroristes déferlant sur la Syrie, Daech étant le dernier avatar de ces Barbares...

Depuis quatre ans ses alliés Russie, Chine, Iran et d'autres pays,
défendent la Syrie et sa souveraineté ; ils agissent avec efficacité tant à l'ONU que sur le terrain par des envois fréquents de cargos d'aide
alimentaire.

Tous les Syriens, leurs familles, les enfants et les soldats ont payé un très lourd tribut à cette guerre imposée : ils sont en train de la gagner si Washington n'invente pas un autre mauvais "coup tordu" contre la Syrie... après la mise en orbite de Daech son horrible rejeton ! !



Tout au long de cette guerre interminable, le Président syrien n'a pas quitté son pays ; avec sa famille il a partagé le sort de son peuple ; son épouse et ses jeunes enfants ont demeuré près de lui.
A Damas, Bachar al-Assad est resté aux commandes de l'Etat syrien ;
au gouvernement des ministres compétents et loyaux l'ont secondé, tous unis pour libérer la Syrie de toutes ingérences étrangères et de la racaille
terroriste qui va avec...
Chacun, à son poste, œuvre au bien commun en vue de la paix, de la
reconstruction du pays. Depuis le début de l'offensive terroriste mars 2011, l'ensemble des services publics syriens est mobilisé pour porter aide à la population et assistance aux victimes de la guerre. .

Le Dr Bachar al-Jaafari représentant permanent de la Syrie auprès de l'ONU, ne cesse défendre son pays au Conseil de Sécurité
en communiquant la vérité sur ce qui se passe en Syrie et en dénonçant les propagandes mensongères des médias occidentaux, de l'OSDH, et
même de certains membres du CS de l'ONU !

M.Walid Mouallem conduit la diplomatie syrienne avec une intelligence et un discernement dont nos derniers chefs du Quai d'Orsay, Juppé et Fabius, auraient dû s'inspirer !

Très vite dans les villes et les campagnes, la population a compris le courage et le dévouement avec lesquels les soldats de l'Armée arabe syrienne,leurs soldats, combattent pour défendre la patrie. Le Peuple syrien, dans sa majorité, soutient son armée, le gouvernement
et son président qu'il a réélu en 2012.

Le Président Bachar al-Assad s'est exprimé plusieurs fois lors d'interviews par des médias amis. En septembre 2013, après les fausses accusations d'attaque à l'arme chimique, il a accordé un entretien à Georges Malbrunot du Figaro.

C'est la première fois ce samedi 29 novembre 2014, qu'il en accorde à un journal français très populaire Paris Match. Les journalistes français sont en général très critiques et peu objectifs, pour ne pas dire mensongers, envers ce qu'ils nomment dédaigneusement "le régime syrien".

Paris Match a édité cette interview sur le N° 3420 (du 4 au 10 décembre 2014) pages 94 à 97.
La plupart des journaux français n'ont cité et commenté que quelques
réponses du Président syrien.

Un grand merci à SANA, l'Agence Arabe d'Informations, d'avoir publié en français sur son journal internet du 4 décembre 2014, l'intégralité de l'entretien accordé au journaliste de Paris Match :
C'est ce texte qui figure ci-dessous.
 



 


Damas 29 novembre 2014
Le Président syrien Bachar al-Assad accueille le journaliste de Paris Match

 





Voici le texte intégral de l’interview :

Paris Match – Monsieur le président, après trois ans de guerre, au point où nous en sommes aujourd’hui, regrettez-vous de ne pas avoir gérer les choses différemment au début, lorsque les premiers signes de révolte sont apparus en mars 2011 ? Vous sentez-vous responsable ?

Le président Al-Assad – Dès les premiers jours, il y avait des martyrs de l’armée et de la police. Nous avons donc, dès cette époque, fait face au terrorisme. Il y avait certe des manifestations, mais pas en grand nombre. Notre seul choix était de défendre le peuple contre les terroristes. Il n’y en avait pas d’autres. Nous ne pouvons pas dire que nous le regrettons car nous luttions contre le terrorisme dès les premiers jours. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’erreurs commises dans la pratique. Il y a toujours des erreurs. Parlons aussi franchement ; si le Qatar n’avait pas financé dès le début ces terroristes, si la Turquie ne leur avait pas apporté un soutien logistique et l’occident un soutien politique, les choses auraient été différentes. La Syrie connaissait des problèmes avant la crise, ce qui est normal, mais cela ne signifie pas qu’il faille trouver aux événements une origine intérieure.

- Durant cette guerre, on reproche à votre armée d’avoir utilisé massivement la force. Pourquoi bombarder des civils ?

- Lorsqu’un terroriste vous attaque, croyez-vous que vous pouvez vous défendre par le dialogue ? L’armée a eu recours aux armes lorsque l’autre partie en a fait usage. Notre but ne saurait être de frapper les civils. Comment peut-on résister pendant quatre ans en tuant des civils, c’est-à-dire son propre peuple, et en même temps combattre les terroristes et les pays hostiles qui les soutiennent, à savoir ceux du Golfe, la Turquie et l’Occident ? Si nous ne défendions pas notre peuple, nous serions incapables de résister. Par conséquent, il n’est pas logique de dire que nous bombardons les civils.


- Des images satellites de Homs ou de Hama montrent des quartiers oblitérés. L’ONU, une organisation à laquelle adhère votre pays, parle de 190 000 morts au cours de cette guerre. Les habitants de ces quartiers étaient-ils tous des terroristes ?

- D’abord, il faudrait vérifier les statistiques des Nations Unies. Quelles en sont les sources ? Les chiffres qui circulent aujourd’hui dans le monde, notamment dans les médias, sont exagérés. Ils sont faux. Ensuite les images de destruction ne sont pas seulement des photos satellites, mais des photos prises sur le terrain. Ces destructions sont réelles. Lorsque des terroristes pénètrent dans une région et l’occupent, l’armée doit la libérer. Des combats sont alors engagés. Il est donc normal qu’il y ait destruction. Dans la plupart des cas, lorsque les terroristes s’installent, les civils prennent la fuite. En vérité, le plus grand nombre de victimes en Syrie se compte parmi les partisans de l’Etat, et non l’inverse. Beaucoup ont été tué lors d’attentats. Quand vous avez la guerre et le terrorisme, il y a hélas des victimes innocentes. Ca arrive n’importe où, d’ailleurs. Mais il n’est pas concevable qu’un Etat vise ses propres citoyens.

- Toujours selon l’ONU, trois millions de syriens sont réfugiés dans les pays limitrophes, soit un huitième de la population syrienne. Est-ce que ce sont tous des alliés des terroristes ?

- Non, non. La plupart de ceux qui ont quitté la Syrie l’ont fait à cause du terrorisme. Parmi ces réfugiés, certains soutiennent les terroristes, d’autres l’Etat. Ces derniers ont quitté le pays pour des raisons de sécurité. Une grande partie des réfugiés ne soutient personne.


- D’un point de vue militaire, avez-vous les moyens de gagner la guerre ?

- A présent, nous combattons des Etats, pas seulement des bandes. Des milliards de dollars leur sont versés. Des armes leur ont été fournies par des pays comme la Turquie. Il ne s’agit pas d’une guerre facile d’un point de vue militaire. Pourtant, l’armée syrienne progresse dans beaucoup de régions. Personne ne peut encore prévoir quand cette guerre prendra fin, ni comment. Nos adversaires pensaient, au début, gagner le cœur des syriens. Ils n’y sont pas parvenus. Ils ont perdu le soutien de la population locale. C’est précisément ce qui a permis à l’armée de progresser. Nous devons envisager la guerre d’un point de vue militaire, social et politique.


- Mais ils n’ont pas encore perdu, puisque la moitié de votre pays vous échappe ?

- L’armée syrienne ne peut être partout à la fois. Là où elle n’est pas présente, les terroristes en profitent pour franchir les frontières et s’infiltrer dans telle ou telle zone. Mais à chaque fois que l’armée décide de reprendre une région, elle y parvient. Il ne s’agit pas d’une guerre entre deux armées, où l’une occupe un territoire et l’autre un autre. Il s’agit d’un autre type de guerre. Nous avons affaire à des groupes terroristes qui s’infiltrent dans une ville ou dans un village. Cette guerre sera donc longue et difficile.


- Beaucoup disent que la solution c’est votre départ. Avez-vous vous-même envisagé que votre départ soit la solution ?

- Partout dans le monde, un chef d’Etat arrive au pouvoir par un mécanisme constitutionnel, et il le quitte par le même mécanisme. Un président ne peut ni s’imposer ni quitter le pouvoir par le chaos. La preuve tangible, ce sont les conséquences de la politique française en Libye avec la décision d’attaquer Kadhafi. Quel en a été le résultat ? Après son départ, il y a eu le chaos. Son départ était-il la solution ? La situation s’est-elle améliorée ? La Lybie est-elle devenue démocratique ? L’Etat est comme un navire : dans la tempête, le capitaine ne prend pas la fuite. Il ne quitte pas le bord. Si les passagers doivent s’en aller, alors il sera le dernier à partir.


- Cela veut dire que le capitaine est prêt à mourir. Vous avez évoqué Mouammar Kadhafi, est-ce que vous avez peur de mourir de la même façon que Saddam Hussein ou que Kadhafi ?

- Le capitaine ne pense pas à la mort, ni à la vie, il pense à sauver son navire. S’il fait naufrage, tout le monde mourra. Il faut donc mieux tout faire pour sauver son pays. Mais je voudrais souligner une chose importante. Mon but n’est pas de rester président, ni avant, ni pendant, ni après la crise. Mais quoiqu’il arrive, nous autres Syriens, n’accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. C’est un principe fondamental pour nous.


- Parlons du groupe Etat Islamique. On entend dire parfois qu’au départ, le régime syrien a encouragé la montée des radicaux islamistes pour diviser l’opposition. Que répondez-vous ?

- D’abord en Syrie, nous avons un Etat, pas un régime. Soyons clair sur la terminologie. Si nous supposons que cela est vrai, et donc que nous avons soutenu l’Etat Islamique, cela revient à dire que nous leur avons demandé de nous attaquer, d’attaquer nos aéroports militaires, de tuer des centaines de nos militaires, d’occuper nos villes et nos villages. Où est la logique là-dedans ? Qu’avions-nous à gagner dans tout cela ? Diviser et affaiblir l’opposition, comme vous le dites ? Nous n’avions pas besoin de le faire. L’Occident lui-même reconnaît que cette opposition était fantoche. C’est ce qu’Obama lui-même a dit. L’hypothèse est donc fausse. Mais alors, où est la vérité ? En réalité, l’Etat Islamique a été créé en Irak en 2006. Ce sont bien les Etats Unis et non la Syrie qui occupaient l’Irak. Abou Baker al Baghdadi était dans les geôles américaines et non dans les prisons syriennes. Qui a donc créé l’Etat Islamique ? La Syrie ou les Etats Unis ?


- Les Syriens que nous rencontrons à Damas font plus allusion aux cellules dormantes djihadistes en occident qu’à la guerre contre l’Etat Islamique. C’est étonnant, non ?

- Le terrorisme est une idéologie et non des organisations ou des structures. Or, l’idéologie ne connaît pas de frontières. Il y a vingt ans, le terrorisme s’exportait depuis notre région, en particulier depuis les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite. A présent, il nous vient d’Europe, et notamment de France. Le plus gros contingent de terroristes occidentaux venus en Syrie est français. Ils commettent des attentats en France. En Belgique, ils ont attaqué le musée juif. Le terrorisme en Europe n’est plus dormant, il s’est réveillé.


- Les Américains sont aujourd’hui, contre l’Etat Islamique, des alliés tactiques. Considérez-vous toujours leur intervention comme une violation du territoire syrien?

- Vous avez utilisé le mot tactique, et c’est là un point important. Vous savez bien qu’une tactique n’a aucun sens sans une stratégie. Car elle seule n’arrivera pas à venir à bout du terrorisme. Il s’agit d’une intervention illégale, d’abord parce qu’elle n’a pas reçu l’approbation du Conseil de sécurité, ensuite parce qu’elle n’a pas tenu compte de la souveraineté d’un Etat qui est la Syrie. La réponse est « oui », c’est une intervention illégale, et donc une violation de la souveraineté nationale.


- L’AFP rapporte que votre aviation a effectué 2000 sorties aériennes en moins de 40 jours, ce qui est énorme. Quand vos avions croisent leurs avions, par exemple en allant bombarder Raqqa, existe-t-il un protocole de non agression ?

- Il n’y a pas de coordination directe. Nous attaquons le terrorisme là où il se trouve, sans prendre en considération ce que font les Etats Unis ou la coalition. Vous seriez sans doute surpris d’apprendre que le nombre quotidien de sorties de l’aviation syrienne pour frapper les terroristes est supérieur à celui de la coalition. Donc d’abord il n’y a pas de coordination. Ensuite les frappes de la coalition ne sont que cosmétiques.


- Mais ces frappes-là vous aident. La démission du Secrétaire Américain à la Défense Chuck Hagel s’explique en partie parce qu’il pensait qu’elles renforçaient votre gouvernement et vos positions.
- Notez que votre question contredit celle dans laquelle on est accusé de soutenir Daech. Ça veut dire plutôt que nous sommes des ennemis de Daech.


- J’ai dit qu’on entend qu’au départ, vous avez soutenu Daech pour diviser l’opposition.

- Je ne vous accuse pas, je fais plutôt allusion à ceux qui le pensent.
- Maintenant, une des conséquences était cette démission, du point de vue américain. Estimez-vous quand même que les frappes de la coalition vous aident ?

- On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition. Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident. Elles nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C’est nous qui menons les combats terrestres contre Daech, et nous n’avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions.


- Le 14 juillet 2008, vous étiez à la tribune sur les champs Elysées en marge du sommet de la Méditerranée. Aujourd’hui le gouvernement français vous considère comme un paria, comment vivez vous cette situation?

- Les bonnes relations entre 2008 et 2011 n’étaient pas le résultat d’une initiative française. Il y a eu d’abord les américains qui ont chargé l’administration française à l’époque de faire pression sur la Syrie au sujet de l’Iran. Il y a eu ensuite le Qatar qui poussait la France à améliorer ses relations avec la Syrie. Entretenir de bonnes relations avec nous n’émanait donc pas d’une volonté indépendante de la France. Aujourd’hui, les choses n’ont pas changé. Hollande, comme Sarkozy, n’agit pas de son propre gré.


- François Hollande continue de vous considérer comme un adversaire, est-ce que vous pensez qu’à un moment le contact pourra être renoué ?

- Ce n’est pas une question de relations personnelles. D’ailleurs je ne le connais même pas. Il s’agit de relations entre Etats et institutions, et dans l’intérêt des deux peuples. Nous traiterons avec tout responsable ou gouvernement français dans l’intérêt commun. Mais l’administration actuelle œuvre à l’encontre des intérêts de notre peuple et de ceux du peuple français. Je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival d’Hollande. Je pense que c’est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches.


- Oui ou non, y a-t-il aujourd’hui en Syrie des armes chimiques ?

- Non, nous l’avons très clairement déclaré, et lorsque nous avons décidé de renoncer aux armes chimiques, c’était de manière définitive et totale.


- Pourtant le secrétaire d’Etat américain John Kerry vous accuse d’avoir violé le traité en faisant usage de chlore. Est-ce vrai ?

- Vous pouvez trouver du chlore dans n’importe quel foyer syrien. N’importe quelle faction peut l’utiliser. Mais nous, nous ne l’avons pas utilisé, car nous avons des armes conventionnelles plus efficaces que nous employons dans notre guerre contre les terroristes. Nous ne le cachons pas, car c’est notre droit. Ces accusations ne nous surprennent pas. D’ailleurs, depuis quand les américains disent-ils la vérité à propos de la crise syrienne ?!

- Avez vous utilisé des armes chimiques?

- Nous n’avons pas utilisé ce genre d’armes, autrement il y aurait eu des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, pas simplement 100 ou 200 personnes, comme on l’a dit l’année dernière, surtout dans des régions peuplées de centaines de milliers, voire de millions de syriens.


- A l’occasion de votre dernier séjour à Paris en novembre 2010, j’avais interviewé votre femme Asma. Est ce que ça vous manque de ne plus pouvoir voyager hors de vos frontières ?

- Je ne suis pas un amateur de voyage, et mes visites n’étaient pas pour faire du tourisme. Ce qui me manque vraiment c’est la Syrie telle quelle était. Ce qui nous manque, bien sûr c’est un monde différent où règnent des relations logiques et morales. Nous avions à l’époque de grands espoirs de développer notre région, de lui assurer une plus grande ouverture intellectuellement. Nous pensions que la France était, par son patrimoine culturel, la mieux placée pour jouer ce rôle avec la Syrie au Moyen-Orient.


- Votre femme se voyait comme une ambassadrice de la modernité, comment vit-elle cette situation, maintenant qu’elle est recluse en Syrie ?

- Comme tous les syriens, comme moi, elle éprouve de la douleur en voyant la destruction et le sang versé. Nous avons de la peine de voir notre pays revenir des décennies en arrière, et devenir un foyer de terrorisme après avoir été parmi les cinq premiers pays sur le plan de la sécurité. Tous les deux, nous sommes navrés de voir l’Occident, qu’on croyait capable d’aider à l’ouverture et au développement, prendre la direction inverse. Pire encore, que ses alliés soient des pays moyenâgeux du Golfe, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar.


- On vous décrit comme quelqu’un d’extrêmement proche de ses enfants, comment leur expliquez-vous ce qui se passe dans votre pays le soir en rentrant chez vous ?

- Ce dialogue se déroule dans chaque foyer syrien. Le plus difficile est lorsqu’on a affaire avec des enfants dont la conscience sociale s’est formée durant la crise. Les deux principales questions qu’ils posent sont les suivantes : Comment des gens qui croient ou disent défendre Dieu et l’Islam peuvent-ils tuer et décapiter? C’est une contradiction difficile à expliquer. Les enfants demandent aussi si ces gens-là savent qu’ils se trompent. La réponse est que certains le savent et exploitent la religion à fins particulières, d’autres sont des ignorants qui ne savent pas que la religion c’est le bien, et non le meurtre. Ils nous posent une dernière question : « Pourquoi l’Occident nous attaque et soutient les terroristes ? ». Ils ne parlent évidemment pas de l’Occident en tant que tel, mais évoquent des pays précis comme les États-Unis, la France, la Grande Bretagne. « Pourquoi agissent-ils de la sorte ? Est-ce qu’on leur a fait du mal ? ». Nous leur expliquons alors que les peuples c’est une chose, et les Etats, c’en est une autre.


Source : Agence arabe Syrienne d'Informations (SANA)
http://www.sana.sy/fr/?p=18018

 

 

 

Sur le même sujet


1 - "Bachar El-Assad : les coulisses de l’interview" : voir la vidéo sur

 AGORAVOX
 


2 - Lire les articles de Salam-Akwaba référencés sur la page suivante

 La Syrie depuis 2011

 

 

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:00

 

Les Vendanges - Tapisserie de Jean Lurçat - 1959
Vendanges - Tapisserie de Jean Lurçat (1959)



 

 

 

n ce jour, où Salam-Akvaba fête ses cinq ans,
   je suis heureuse de souhaiter à toutes et à
   tous ici :"Bienvenue, Salam, Akwaba, Welcome !"

Je remercie chaleureusement toute l'équipe d'Overblog pour
l'accueil de Salam-Akwaba et pour ses voeux bien sympathiques
de joyeux anniversaire.

Voilà cinq ans, en effet, Salam-Akwaba débutait sur la Toile.
J'ai pu ainsi exprimer librement ce qui me tient à coeur, mes
interrogations, mes indignations mais aussi mes émerveillements,
soutenir modestement quelques "combats", me documenter
sérieusement pour offrir des points de vue alternatifs, des références fiables.

Un grand merci à mes fidèles lecteurs, et aux visiteurs de passage, amis connus et inconnus : découvrir leur intérêt à travers leurs commentaires m'est un plaisir et un encouragement à continuer.
Je suis étonnée et agréablement surprise de recevoir aussi des messages
de lecteurs anglophones.

Ma gratitude à toutes et à tous, et à ma fille Catherine, sans laquelle
je ne me serais pas lancée dans cette aventure passionnante :
la création d'un Blog.
 

 
Deu vos guard !
 

 

 


En juillet avant les vendanges en Pays Catalan

Septembre est le mois des vendanges en Pays Catalan, dans le Roussillon. Pour illustrer cette page anniversaire et inaugurer la nouvelle adresse du Blog, j'ai donc choisi une photo de cette somptueuse tapisserie :
"Vendanges" de Jean Lurçat (1892-1966), peintre français, céramiste et
créateur de tapisseries.
A Sant Vicens (près de Perpignan), où a souvent séjourné cet artiste émérite, sont exposées plusieurs de ses merveilleuses tapisseries.
 

 

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mardi 18 septembre 2012


Une pétition réclamant l’abrogation

de la circulaire de février 2010

(signée Mme Alliot-Marie)

qui assimile les actions de boycott

des produits israéliens


 « à de la provocation,

 

à la discrimination

 

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En application de cette circulaire,

les contrevenants encourent.

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